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« Il y a bien longtemps avant même que les gens n'habitent dans le ciel. Une guerre terrible éclata entre les hommes et une Déesse malfaisante. Après des combats sanglants, nos ancêtres aidés de Dieu scellèrent le pouvoir de cette Calamité. Puis quittèrent la terre souillée et stérile pour construire leur avenir dans le Ciel. »
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{ Soldiers [Ft. Ephrem]
 :: Caelum :: Majoris :: Downtown ()

Soldiers [Ft. Ephrem], par Thæ ► 5/4/2018, 10:58 ►

It is a proud privilege to be a soldier.

★ Ft. Ephrem

Le soleil était haut dans le ciel, signe d’une journée encore ensoleillée et chaude. Thæ mourrait littéralement sous l’effet de la chaleur, et se sentait fondre. Heureusement, elle avait prévu le coup, et n’étais pas partie de Falias équipée de fourrure, si ce n’est d’un léger uniforme militaire renforcé. Elle avait pris le train pour Majoris quelques jours auparavant, en compagnie de Deyris, en tant qu’escorte personnelle de la gouverneure de l’Ouest, avec un Templier. Maintenant que sa dirigeante était en pleine discussion avec quelques haut placés de la capitale, Thæ se permettait de prendre un peu de temps pour déambuler dans les rues de l’immense ville.

A chaque fois qu’elle en foulait les pavés, la jeune femme se rendait compte de la faiblesse de Falias, dont la capitale provinciale ne n’égalait même pas, en superficie, le tiers de Majoris. De plus, il y faisait bien meilleur, ce qui ne manquait pas de la frustrer au plus haut point, elle dont le dévouement pour sa région frôlait le zèle. Elle suivit donc le chemin qu’elle avait déjà emprunté un an auparavant, lorsqu’elle avait été invitée, avec d’autres dignitaires militaires, à visiter l’académie militaire de la capitale, dans une tentative de démonstration de sa toute puissance. Elle avait eu l’occasion d’y rencontrer de jeunes soldats, d’observer leur entrainement, sans toutefois, bien sûr, avoir eu accès aux archives et aux lieux d’élaborations des tactiques militaires.

La chevalière avait même pu parler à certains gardes et soldats, du petit sbire au général, et s’était sentie comblée par cette visite de courtoisie. Elle aimait l’ambiance qui régnait au sein de l’école majorienne, sans toutefois l’avouer à haute voix. Falias étant une région aux villes reculées, isolées et, surtout, de moindre dimension, le recrutement des gardes se faisait de manière ponctuelle et locale, l’entrainement débutant en tant que phase de sélection, n’importe qui pouvant se porter volontaire sans son propre patelin, ou un autre.

Thæ arriva à l’Académie militaire, et laissa voir ses laisser-passer pour y entrer. On la considéra comme un être venu d’ailleurs, peut-être parce qu’elle supportait la chaleur, du moins, en apparence. Malgré son statut politique, on la surveilla de loin, au fur et à mesure de ses pérégrination. Elle se dirigea vers les aires d’entrainement, dotées d’une arène impressionnante, qui l’avait fasciné la première fois qu’elle était venue.

Elle se perdit un moment, avant de retrouver le chemin de ce bâtiment, chef d’œuvre d’architecture moderne, doté d’un toit ouvrant et capable de simuler les divers climats de Caelum, pour préparer les soldats  à toute éventualité.

Un froid glacial l’accueillit. Elle frissonna en se disant qu’elle aurait préféré assister à une course contre le vent, mais ne broncha pas, habituée à la température de Falias. Elle observa discrètement les soldats, certains étaient dans les gradins, et d’autres roulaient, combattaient, courraient ou rampaient dans la neige. Elle leva les yeux au ciel. La réalité, dans l’Ouest, était toute autre, mais cela correspondait parfaitement au genre de cliché véhiculé par Majoris sur Falias – le genre de chose qui n’améliorait pas la réputation de cette région.

La jeune femme avisa des visages connus. Quelques mois auparavant à peine, Deyris avait renvoyé la balle à Majoris, proposant d’accueillir ses soldats pour qu’ils puissent découvrir les conditions de Sedna, et nos modalités de formation militaire. Elle avait donc guidé et présenté Falias à des jeunes recrues et des soldats fraichement diplômés, mais ne s’était pas intéressée plus que ça à leur identité, ne pensant pas mettre les pieds de sitôt dans la capitale.
Certains lui sourirent, et, bien qu’elle était incapable, le plus souvent, de se souvenir de les avoir vu – honte sur elle –, elle leur rendait leur salutation d’un hochement de tête respectueux.




En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
ϟ Machiavel
Invité

Soldiers [Ft. Ephrem], par Invité ► 8/4/2018, 22:15 ►

Soldiers

Honneur et bravoure

Feat Ephrem & Thæ


Les habitants de Majoris se réjouissaient d’une nouvelle journée ensoleillée dans l’enceinte de la ville. Marcher le long des rues, même si c’était dans le cadre d’une ronde de routine, était toujours une occasion pour le soldat de profiter de la lumière du jour et des sourires des autres. C’était sa ville natale, il la côtoyait au quotidien, et pourtant Ephrem ne se lassait pas de la tranquillité et de l’ambiance chaleureuse. Il avait été pour la première partie de sa journée affectée à la ronde d’une partie de la ville, aux côtés d’autres soldats. La ronde ressemblait plus à une promenade qu’à la protection des citoyens, rien en vue, pas même une petite altercation entre deux habitants. Ce n’était pas pour lui déplaire, il était même plutôt soulagé que cela n’arrivait pas souvent.

Ils revenaient maintenant au siège militaire, l’académie, qui abritait les gradés comme les recrues tout juste engagées. Pendant un moment le jeune homme avait fait partie de la dernière catégorie, et il se souvenait encore des entraînements, tantôt bénéfiques, tantôt pénibles. Il croisait désormais les recrues du jour, celles qui peut-être continueront jusqu’au grade de soldat, celles qui peut-être abandonneront car ne se sentant finalement pas prêtes pour la carrière militaire, et celles qui avaient peut-être le potentiel pour être parmi les plus hauts gradés. Il croisait aussi les autres soldats, ceux qui étaient de sa promotion, ceux qui étaient là depuis plus longtemps, et enfin, les hauts gradés, ceux qui étaient respectables car leur valeur n’était plus à prouver. Ephrem les saluer à chaque fois qu’il en croiser, parfois parce qu’il les connaissait, mais le plus souvent, c’était surtout par pure politesse.

Il allait consacrer une autre partie de journée aux entraînements, mais pour l’instant, il avait du temps libre, et il avait décidé de prendre son temps pour une balade dans les couloirs de l’académie. Il connaissait les couloirs comme sa poche, et s’il tentait sa chance, il pourrait peut-être emprunter un ou deux couloirs les yeux fermés. Dans ses pensées, il n’avait pas calculé la destination qu’il prenait, et se retrouvait maintenant dans la salle d’entraînements. Il frissonna, surpris par la configuration de la pièce. L’entraînement du moment était orienté vers l’adaptation aux environnements étrangers, et le thème se trouvait être Falias. Il se souvenait parfaitement s’être rendu à Sedna, dans le cadre d’un échange entre Falias et Majoris, qui consistait à faire découvrir les conditions de formation militaire au sein de l’académie de Sedna. Ephrem savait que les conditions de l’Ouest étaient loin d’être ainsi, et maintenant qu’il voyait recrues et soldats mettre toutes leurs forces dans les exercices, il se demandait comment cela leur serait utile sur le terrain.

En tout cas, l’Académie de Falias était radicalement différente de celle de Majoris, tout comme les conditions des entraînements des militaires. Maintenant qu’il y repensait, il avait entendu dire que la gouverneure de l’ouest était à la capitale, une escorte militaire s’était certainement rendue avec elle au sein de la ville. Maintenant que cela lui revenait, il se disait que peut-être verrait-il un visage familier. Il ne pensait pas que cela arriverait rapidement, pas en croisant parmi les visages présents celui d’une chevalière aux cheveux immaculés.

Thæ. Le nom lui était apparu tout de suite. Il se rappelait qu’elle avait vite imposé le respect lors de la visite des lieux. Le soldat ne savait pas pourquoi, mais il y avait quelque chose d’agréable dans l’attitude de la chevalière, quelque chose qui lui inspirait une certaine admiration pour la femme. Il était cependant difficile d’engager la conversation avec elle… Qui sait, peut-être que la chaleur de Majoris l’avait dégelé ? Il inspira puis s’approcha d’elle. Lorsqu’il fut sûr qu’elle l’eut vu, il lui sourit, tentant de briser la glace.

-Bonjour, dit-il sans se départir de son sourire. Comment allez-vous ? J’espère que votre séjour à Majoris se passe bien.

La vérité, c’était qu’il la trouvait à la fois sérieuse et respectable, mais aussi intimidante. Il l’avait déjà croisé quelques fois, mais jamais il n’avait engagé une conversation digne de ce nom avec elle.

Voilà la réponse ! J'espère que ça te plaît !

Soldiers [Ft. Ephrem], par Thæ ► 13/4/2018, 23:26 ►

It is a proud privilege to be a soldier.

★ Ft. Ephrem

Alors que Thæ observait avec amusement l’entraiment des soldats de Majoris, qui crapahutaient dans la neige - sûrement créée par magie –, elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que quelque chose vienne perturber son quotidien.

Elle n’aimait pas la capitale. Premièrement, parce que Falias ne cessait de se dresser en travers des plans de Majoris. Avec Deyris à la tête de la région glacée, la monstrueuse ville ne pouvait que se sentir menacée. Déjà, elle était presque certaine que ses petites affaires avaient été repérées par les politiques et stratèges de la capitale. Elle aurait préféré être aux côtés de Deyris, mais les négociations n’étant actuellement plus de nature « officielle », la chevalière ne pouvait plus que prendre son mal en patience.

Tout avait été soigneusement élaboré par ses soins pour que Deyris ne puisse être accusée de quoi que ce soit. Et quand bien même : depuis quand faire du commerce était un crime ? Le développement de Falias ne mènerait certainement pas Majoris à sa perte, mais c’était là un épineux problème : comment assoir sa domination sur une région dont l’indépendance risquait d’être totale, à quelques détails près. Avec son climat, la région ne pourrait jamais s’auto-suffire, mais néanmoins, elle pourrait se rebeller contre le contrôle de la capitale – non pas dans la violence, mais dans les faits, ne nécessitant plus l’aide du monstre urbain.

Thæ promena son regard sur la salle d’entrainement. Elle n’en était pas moins impressionnée par les prouesses réalisées à Majoris. A croire que cette dernière concentrait tout le monopole des cerveaux et des puissants de Caelum. Elle n’avait aucun mal à le croire. Sa génération et les suivantes avaient désormais le regard rivé sur la Terre, en contrebas. L’enjeux n’était plus aux chamailleries de voisinage, mais concernait maintenant la mise en place d’une expansion territoriale. Or c’était bien Majoris qui concentrait toutes les expéditions organisées. Pour le moment. Et c’était devenu un sujet d’intérêt tout particulier pour les dirigeants des différentes régions de Caelum, à moins d’être complètement inconscient, ou un sbire de la capitale. Ce qui n’était pas le cas de Deyris.

Du coin de l’œil, elle aperçut un léger mouvement. Une personne s’approchait. Pour ne pas paraître effrayante – elle avait tendance à impressionner les gens dans le mauvais sens du terme, lorsqu’elle se retournait, sus ses gardes – elle laissa la forme s’approcher d’elle. Peut-être serait-ce pour elle la distraction qu’elle attendait. Elle effectua une légère rotation, claquant ses talons par habitude. Un jeune homme se tenait devant elle, un petit brun aux grands yeux vers et au sourire franc. Elle arqua malgré elle un sourcil lorsqu’il prit la parole. Qui était-il, au juste ? Non pas que n’importe qui ne pouvait aborder Thæ – elle était issue du peuple et ne l’oubliait pas – mais elle ne se souvenait pas avoir déjà vu le garçon. Elle ne répondit pas de suite, préférant chercher ses mots pour ne pas le vexer.

S’il se permettait de lui parler si familièrement – c’est-à-dire sans prendre de gants politiques – c’est qu’il l’avait déjà croisée. La jeune femme se senti désolée pour lui de n’avoir aucune idée de son identité. A son uniforme militaire, elle put cependant déterminer qu’il s’agissait d’un soldat de Majoris. Au vu de son jeune âge, elle imagina qu’il avait pu faire partie du groupe de soldats envoyés à Falias quelques mois plus tôt. Elle soupira. Toutes les nouvelles recrues semblaient s’imaginer que leurs supérieurs se souvenaient de leur nom ou même de leur tête.

—  Bonjour, répondit-elle avec un sourire poli. Je vous remercie de vous préoccuper de mon séjour.

Thæ marqua une pause, puis ajouta :

— Mis à part la chaleur étouffante qu’il fait ici, tout se passe parfaitement bien, merci.

Elle plissa les yeux, cherchant en vain à mettre une identité sur le visage de son interlocuteur. Pour ne pas le blesser plus que nécessaire, elle avait délibérément choisi de le vouvoyer. Elle l’avait peut-être tutoyé à Falias, mais elle n’était plus sur son territoire, et s’il avait un jour été sous ses ordres, ce n’était à présent plus le cas.

Ses efforts étaient vains, elle ne se rappelait absolument pas du nom du jeune soldat devant elle.

— Excusez-moi, mais votre visage m’est inconnu, ajouta la chevalière, vous êtes…?

Elle observa la réaction du jeune homme, en espérant qu’il comprendrait et qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle avait bien assez d’ennemis comme ça, et n’était pas d’humeur à se battre.




En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
ϟ Machiavel
Invité

Soldiers [Ft. Ephrem], par Invité ► 15/4/2018, 17:50 ►

Soldiers

Honneur et Bravoure

Feat Ephrem & Thæ



Quand la jeune femme se tourna vers lui, il se sentit tout petit. Oui, petit comme un enfant qui venait s’adresser à un adulte, le genre de moment durant lequel l’enfant venait parler à un adulte alors que ce dernier était déjà engagé dans une activité fort occupante. Etait-il en train de l’importuner ? Enfin, maintenant qu’il lui avait adressé la parole, il allait être difficile de faire machine arrière. Il avait attiré son attention, avait tenté une approche, et elle se tournait vers lui. Il ne savait pas si c’était la réalité, ou une impression, mais il avait le sentiment qu’elle le dépassait en taille, ou alors c’était lui qui se tassait.

Elle le regarda un instant. Cela était, en théorie, seulement pour quelques secondes, mais pour lui ça paraissait être une éternité. Etait-ce à cause de l’apparence si sûre d’elle ? Elle avait l’air de pouvoir passer toutes les barrières, de terrasser quiconque sans même faire un effort. Ou était-ce parce qu’il angoissait ? Ephrem avait l’impression qu’elle le regardait en le détaillant, comme si elle l’analysait. Il ne savait pas comment le prendre, à vrai dire, ne savait pas comment réfléchissait la femme. Thæ semblait être impénétrable, même en la regardant dans les yeux, il ne voyait rien paraître. Le jeune homme se demandait ce qu’il pouvait bien lui traverser l’esprit.

La chevalière de Falias soupira, puis lui répondit poliment. Elle lui avait répondu, et c’était déjà une petite victoire dans la tête du soldat. Majoris et Falias n’entretenaient pas de très bonnes relations, et c’était déjà assez gros qu’il y ait des dialogues et des échanges entre les deux parties. Il ne s’était jamais vraiment intéressé à la politique, parce qu’il pensait que chercher des différences ou des points de divergences n’allait pas aider à préserver l’avenir du monde. Et puis, il y avait bien plus important, il y avait l’horizon, par-delà l’île, et la Terre, qui n’attendait que d’être redécouverte… Il valait mieux chasser ça de sa tête. Il était soldat, pas explorateur.

Il ne savait pas si Thæ se penchait de près sur la politique. Et s’il y avait quelque chose qu’elle n’appréciait pas à Majoris, c’était au moins la chaleur de la ville. A ces mots, il sourit en répondant à la femme :

-Je dois admettre que la chaleur est plus élevée que les jours précédents. Même les habitants de la ville doivent avoir un peu de mal.

Le jeune homme ne s’était pas rendu compte qu’elle l’avait vouvoyé, jusqu’à présent. Il ne se souvenait pas exactement de leurs précédents échanges, qui avaient été très courts, mais il n’avait pas le souvenir d’un respect aussi mutuel. Il se rappelait plutôt qu’elle l’avait tutoyé, il y avait quelques mois, alors qu’il était en visite à Sedna. Il ne releva pas cependant, car il ne se sentait pas de le faire. Leurs relations étaient très cordiales, et il serait difficile à ce stade de se montrer plus proche. Après tout, il ne la connaissait que très peu, et il semblait que la distance ne les aiderait pas.

Un instant la jeune femme semblait réfléchir tout en l’observant, mais il n’en était pas sûr. Ce ne fut que lorsqu’elle lui demanda qui il était qu’il comprit qu’elle ne l’avait tout simplement pas reconnu. A quoi s’attendait-il ? Elle devait croiser des centaines, si ce n’était des milliers de visages, en ne serait-ce que quelques semaines. Elle ne devait se souvenir que de ceux qu’elle croisait quotidiennement ou régulièrement, comme tout le monde. Il hocha la tête en signe de compréhension :

-Inutile de vous excuser.

Il inspira ensuite, puis enchaîna :

-Ephrem Ogerau. J’étais du groupe de soldats venus à l’Académie de Falias dans le cadre du programme d’échange avec celle de Majoris.

Allait-elle se souvenir de lui ? Il y avait peu de chances que cela lui revienne. Même s’ils n’avaient été que peu de soldats à se rendre à Sedna il y avait quelques mois, c’était peu par rapport au nombre de soldats présents à Majoris. En vérité, ils avaient été entre une dizaine et une vingtaine, et il fallait s’accrocher pour se souvenir de vingt noms et visages en l’espace de peu de temps. Et encore plus pour les ressortir quelques mois plus tard.

-J’espère d’ailleurs que nous avions été à la hauteur des attentes de l’Académie de Falias.

Même si globalement, les supérieurs de l’Académie de Majoris avaient rapporté que le déplacement s’était bien déroulé, il aimerait aussi avoir l’avis de l’une des principaux concernés de l’autre Académie. Un avis extérieur était toujours bon à prendre.


765 mots

Soldiers [Ft. Ephrem], par Thæ ► 10/6/2018, 03:11 ►

It is a proud privilege to be a soldier.

★ Ft. Ephrem

Devant l’air qui s’affichait sur le visage du jeune soldat, Thæ se demanda quelle attitude adopter : lui faisait-elle peur ? Le temps qui suivit ses questions lui sembla durer un petit moment, durant lequel il la regardait fixement. Elle se risqua à sourire, loin de vouloir effrayer un étranger alors qu’elle l’avait certainement rencontré auparavant, et qu’elle n’était même pas chez elle. Les commissures de ses lèvres se redressèrent légèrement. Elle appréciait cependant que le soldat, dont elle ignorait toujours le nom, ne détourne pas le regard ou ne baisse pas les yeux. Certains chefs d’armée appréciaient qu’on leur témoigne du respect en l’imposant par l’intimidation, mais la chevalière n’avait pas cette prétention, et encore moins en territoire étranger. Elle profita donc de l’instant pour détailler le jeune homme. Elle s’était concentrée sur son visage, pour mettre un nom dessus, mais son œil acéré de militaire se tournait à présent vers l’attitude général de son interlocuteur. Il se tenait droit, un bon point pour lui, et même s’il n’était pas taillé comme un géant, il compensait par sa stature. Quoiqu’en ce moment même, le jeune homme semblait un peu paniqué – il lui donnait l’impression d’être un petit écureuil pris au piège, alors qu’il n’était pas plus petit qu’elle –, ce qui rebuta quelque peu Thæ. Elle savait qu’elle n’avait pas l’air abordable, et encore moins sympathique, mais n’était pas habituée à ce genre de réaction, puisqu’elle n’avait d’ailleurs pas pour habitude de côtoyer des inconnus lors de ses excursions en dehors de Falias. Elle soutint donc son regard émeraude en détendant autant qu’elle le put ses traits – manquerait plus qu’elle donne l’impression d’être une femme de l’Ouest agressive et acariâtre – pour écouter les réponses du jeune soldat.

Un sourire vint étirer les lèvres de ce dernier, ce qui rassura la chevalière. Elle ne voulait pas faire mauvaise impression, surtout à Majoris, et, si elle avait pu rassurer quelque peu le jeune homme, elle-même se sentait plus détendue. Elle se contenta ensuite de hocher poliment la tête et de lâcher un léger « mhm, je vois ». La réponse du jeune homme la surprit, car si même les habitants de la capitale souffraient de la chaleur, celle-ci ne manquerait pas de mettre K.O. un originaire de l’Ouest. Effectivement, à l’extérieur des murs de l’Académie, elle avait eut l’impression de fondre.

— A vrai dire, j’espère pouvoir me réfugier ici jusqu’à la tombée du soir, souffla-t-elle plus pour elle-même.

Il faut dire qu’à cause des codes des rencontres officielles, elle était contrainte de porter des vêtements loin d’être adaptés à de telles températures. Elle changea d’appui et écouta la suite des paroles du soldat, sans se rendre compte qu’elle avait pensé tout haut.

Thæ apprécia que le soldat ne lui tienne pas rigueur de son oubli, et inclina sa tête pour le remercier d’un signer muet. Celui-ci se présenta donc, et expliqua même les raisons de leur rencontre. Une fois le contexte planté, Thæ su à peu près à qui elle avait affaire. Il faisait vraisemblablement partie de la petite troupe de jeunes soldats envoyés à Falias pour bénéficier d’une formation dispensée par la chevalière et ses collègues.

Elle se sentit flattée de l’intérêt du soldat, qui aurait aussi bien pu la saluer et s’installer dans un coin de la salle sans lui adresser la parole.

— Effectivement, votre nom me revient, murmura-t-elle avant de lui tendre une main amicale. Et bien, enchantée à nouveau, Ephrem Ogerau.

Thæ croisa ensuite les bras dans son dos à la question du jeune homme.

— Absolument. Ça a été une expérience enrichissante pour nos deux régions, je crois. Cela dit, je ne doute pas que les enseignements dispensés à Majoris soient plus rigoureux.

Elle jeta un regard amusé à ce qui se déroulait plus loin, dans la zone d’entrainement.

— Enfin, nous demeurons peut-être les maîtres de la survie et des tactiques dans les zones soumises aux intempéries les plus… fraiches.

La chevalière reporta son attention sur le jeune homme.

— Pour ma part, j’espère que cela vous aura apporté ne serait-ce qu’un peu d’expérience. Qu’avez-vous pensé de cet échange ? s’enquit-elle à son tour.

Elle ne savait d’ailleurs pas si les soldats de Falias étaient à leur tour venu à Majoris. Un autre chevalier s’en occupait certainement, puisqu’elle ignorait tout de la suite du déroulé de cette étonnante entreprise. Elle, en tant que chevalière, était ravie de la tournure des choses, puisque cela signifiait que les divergences entre les deux régions avaient été au moins en apparence enterrées. Cet échange lui semblait d’ailleurs naître d’une volonté de pacifier les relations entre les deux rivales. Du moins sur la forme, car sur le fond, il était presque impossible de lire entre les lignes des correspondances entre les dirigeants, et Thæ se garderait bien de révéler la moindre information concernant les ambitions de Deyris.




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