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« Il y a bien longtemps avant même que les gens n'habitent dans le ciel. Une guerre terrible éclata entre les hommes et une Déesse malfaisante. Après des combats sanglants, nos ancêtres aidés de Dieu scellèrent le pouvoir de cette Calamité. Puis quittèrent la terre souillée et stérile pour construire leur avenir dans le Ciel. »
Claus
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{ A long time ago || ft Galahad.
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A long time ago || ft Galahad., par Claus ► 8/4/2018, 20:38 ►


A long time ago || WITH Claus & Maïka

Pourquoi, comment ? Le mage avait une sainte horreur de se montrer faible, de baisser sa garde et ce peu importe les situations. Il avait pris à se débrouiller seul, à ne compter que sur lui même. Maïka avait souvent été rejeté dès lors qu'elle tendait la main vers lui, la belle s'était faite à cette idée, elle acceptait de se sentir parfois recluse dans la solitude, celle que lui aussi aimant tant caresser du bout des doigts. Il avait une fierté, grande et massive que le garçon n'arrivait pas à dompter. Son regard ne quittait ainsi plus le sol, le menton restait incliné.

L'astre solaire tirait sa révérence. Les rayons atteignaient avec difficulté l'île de Caelum, la nuit étant sur le point de prendre la relève. Les rues étaient moins bondées, la population rentrait peu à peu chez elle, surtout au sein de ce quartier plutôt reculé du centre ville. Ici les demeures étaient immenses et nombreuses. Le regard de la belle passait d'un point à un autre, elle n'arrivait même pas à différencier les bâtisses à tel point que son attention se focalisait sur les différentes plaques ou boîtes aux lettres indiquant l'identité des occupants.

La respiration était saccadée, son appuie difficile. « Tout va bien se passer, nous y sommes presque. » La gardienne était la canne de son mortel ; elle le maintenait tandis qu'ils marchaient tous les deux vers ce qu'elle pensait être l'antre d'un médecin. Claus serra la mâchoire puis soupira, comme agacé par les propos de sa moitié. « — Oh ne prends pas cet air dramatique et maternel, je ne suis pas en train de faillir, ce n'est qu'une blessure. » Il se crispa malgré tout, comme tiraillé par un à-coup au niveau de sa poitrine. Il posa la paume de sa main à ce niveau.

Quel piètre protecteur faisait-il, le constat l'accablait, sa fierté était comme étreinte par la honte. Un esquive manqué, un adversaire trop coriace. Claus ne voulait pas se rappeler du pourquoi il était dans une telle situation, tel un enfant après une dispute il préférait passer à autre chose. « Je crois avoir entendu parler d'un médecin dans ce quartier, j'espère ne pas me tromper. » L'entaille au niveau de sa poitrine offrait une vive douleur lancinante et persistante. « — Hm, tu ne me ferais pas l'affront de faire une erreur dans un moment pareil. »

Tant bien que mal il se redressait un peu, comme à la recherche d'une allure qu'il n'avait pas dans l'instant. Certains passants jetaient des regards inquiets mais le mage se contentait de pupilles assassines en guise d'une simple réponse. Maïka constata de son côté avec joie la vision d'un enfant leur indiquant du doigt une demeure sans pour autant prononcer un mot vers eux. Claus et son attitude lui avaient sans doute coupé le sifflet. « Je crois bien que nous touchons au but, bingo. » Il ne fallait plus que quelques mètres, quelques pas.

La gardienne était libérée, son mortel lâchait son emprise sur elle afin de se soutenir un instant contre le mur du porche de la bâtisse. Il reprenait son souffle, constatant avec gêne que du sang avait traversé le tissus. « — Force est de constater que je n'aurais pas fait un mètre de plus avec dignité. Tu aurais été obligé de me traîner. » Disait-il avec froideur bien que Maïka savait que ses propos traduisaient un simple merci. Elle frappait à la porte, replaçant une mèche de cheveux. « Je vous pris de nous excuser mais nous sommes à la recherche d'un médecin. »





A long time ago || ft Galahad., par Galahad ► 9/4/2018, 12:10 ►

clausgalahad

There are some wounds that can never heal. There are scars that make us who we are. But without them, we don't exist.

Toc
toc. Toc-toc. Toc-toc. Toc-toc.

La Gardienne caresse le bouton en porcelaine du bout des doigts et entrebâille la porte. « Oui ? » qui vient donc les déranger en fin de journée ? « Je vous prie de nous excuser mais nous sommes à la recherche d’un médecin. » mignonne petite chose. « Vous avez frappé à la bonne porte. » en effet. « Cependant, le docteur Von Wies est occupé et ne peut recevoir personne pour l’heure. » marquant une pause, le temps de se gargariser de ce faux espoir, de cette apparente espérance. « Repassez demain à la première heure. » son regard bifurque sur la droite ─ tout en commençant à refermer la porte ─ et elle l’aperçoit. Sanguinolent. « Oh. » la blonde se trouve stoppée dans son élan, à fixer l’indésirable à la tenue ensanglantée. « Voilà qui est contrariant. » le huis glisse en sens inverse et la blancheur du marbre ainsi que la rusticité des lieux émergent aux mirettes des inconnus. « Entrez. » ce n’est pas de la pitié, non : juste le besoin de préserver la réputation de l’esculape. Si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait fini de les éconduire et aurait repris ses activités, sans en être le moins du monde affectée. « Je vais chercher le médecin. Faites au moins en sorte de ne pas trop moucheter le marbre. » pas de sens de l’hospitalité, pas de morale : il a déjà perdu beaucoup de son liquide écarlate alors il peut bien encore se vider un peu, non ? Le genre humain est tellement faible par comparaison aux Gardiens.

« Bonjour messieurs-dames, soyez les b ─ »
Plip-plop. Plip-plop.
Cruelle hématophobie.


* * *

Boum
boum, baboum baboum. Boum boum, baboum baboum.

Acouphènes pulsatiles. Céphalées de tension.

Boum boum, baboum baboum. Boum boum, baboum baboum. Boum boum, baboum b ─

Cccrriiii.
« Galahad. » retour sur terre. Plissement de l’oeil et signature « raide » d’un document. Elle est . Presqu’indifférence. « Je t’ai déjà enjoint à annoncer ta présence avant d’entrer. » comment ne pas se trouver agacé lorsque l’on sait que c’est la troisième fois depuis ce matin qu’elle me fait le coup ? « Mais il semblerait que l'information ne soit pas ─ » « C’est important. » « Monsieur ! » Orane ? Haussement du sourcil gauche. « ... assimilée. » sa voix comme emplie d’épouvante m’astreint ─ tout en prenant appui avec les paumes de mains sur le mobilier rustique ─ à me lever. Ses talons tintinnabulent sur le sol en marbre ─
clic, clic, clic, clic
─ et c’est bien assez vite qu’elle outrepasse le seuil de la porte, en trombe. La voilà pâle comme un linge et toute tremblotante : on jurerait qu’elle vient d’entr’apercevoir un spectre. « Ô, Monsieur, vous verriez tout ce... ce... ─ ! » ce ? Allons bon ma grande, crache le morceau que je puisse juger de l’urgence de la situation ! « ... Sang. Voilà. Beaucoup d’hémoglobine, quoi. » il n’y a donc pas une seconde de plus à perdre. Je m’attends à un véritable carnage. « Ils sont dans le corridor. Ô, Monsieur... ! » ils ? « Orane, allez dans l’arrière-salle. Cornaline, sors-moi le nécessaire s’il te plaît. » lavage de mains. Pressons-nous.

Ils sont là. « Bonjour, je suis le docteur V ─ » non mais regarde son état avant de t’étaler mon vieux ! « Peu importe. Nous aurons le temps congruent pour les mondanités. Suivez-moi. » il n’y a pas tant de sang, mais par contre ça a bien imbibé son habit, ça c’est certain : on écarte donc la piste de l’hémorragie artérielle et c’est tant mieux. « Installez-vous en position demi-assise ici sur votre gauche, s’il vous plaît, histoire que je puisse inspecter la plaie. » je tapote sur le bord d’un espèce de fauteuil rembourré. « Permettez-moi. » je relève petit à petit son vêtement ─ il faudrait normalement tailler la tunique, histoire d’éviter de tirer et de traumatiser d’avantage la plaie, mais à première vue ça ne colle pas à la peau ─ et vois l’étendue des dégâts. Pas de précipitation : il faut faire un bilan vital avant toute chose. Sang foncé. Plaie franche. Un peu profonde. Pas de débris apparents. Pas d’éviscération. Sueurs. Pâleur. Essoufflement. Par contre, je n’arrive pas à évaluer à combien le risque de pneumothorax est envisageable.

« Comment est-ce arrivé ? » il faut dire que je ne reçois pas des gens ouverts au thorax tous les jours. Je m’adresse à la jeune femme et non au patient qui doit faire le moins d’effort possible, forcément. « Bien. Etant donné que le saignement semble ne pas être trop abondant ─ contrairement à ce que l'état de votre vêture peut laisser croire ─, je vais pouvoir agir. » penchons-nous vers lui, remontons nos manches, préparons nos menottes et accueillons le matériel que Cornaline apporte ─ petite bassine remplie à moitié, instruments de médecine divers et variés, tissus immaculés. Stoppons l’hémorragie. Compression manuelle. « Je vais commencer par désinfecter votre plaie à l’aide d’eau et d’un mélange fait à base de plantes. Vous allez ressentir des tiraillements, mais je suppose que ça, vous le savez déjà. » le tout est au moins d’expliquer la marche à suivre à la victime ; c'est absolument essentiel.
Flip-flap. Flip-flap.
« Attention, j’y vais. » est-il douillet ? Je presse ─ il est défendu de frotter ─ le plus posément possible un linge propre imbibé de l’admixtion, attentif à ses gestuelles et expressions.

A long time ago || ft Galahad., par Claus ► 10/4/2018, 19:26 ►

Le mage parvenait à reprendre sa respiration, il expirait avec une aisance plus marquée maintenant qu'il n'était plus en mouvement. Placé contre le mur, il observait le ciel se teinter d'obscurité, se parsemer d'étoiles. « La nuit tombe, j'espère que quelqu'un sera là. » « Ne soyons pas pessimiste mon beau. » Maïka frappa à la porte et la réponse ne se fît pas du tout attendre. Cette dernière s'ouvrait en compagnie d'un léger grincement, offrant ainsi la vision sur une femme. Elle était distante, froide ce qui ne choqua pas le duo, spécialiste en la matière.

Un refus, net. « Oh mais si je puis me permettre... » La belle insistait, elle voulait que son mortel soit soigné pour autant, elle n'eut même pas besoin d'expliquer d'avantage au constat de l'état de Claus. « Bien, je vous remercie. » Le mage ne prononçait pas un mot alors que la donzelle leur ouvrait la porte. La vision de l'intérieur aurait pu être agréable si la situation n'était pas celle-ci. Des matériaux nobles, des tissus de qualités et une demeure encore plus grande vu de l'intérieur. « Tss, j'espère au moins que je vais bien être pris en charge. » 

Claus crachait ses pensées sans se retenir dès lors qu'ils se retrouvaient seuls ; les propos de la portière avaient sans doute irrité le garçon. Il laissait son regard vagabonder autour d'eux, ce dernier se posant contre le mur sans aucune gêne, la main au niveau de sa blessure. « Ils ne doivent soigner que des rhumes ou des migraines ici, le standing est démesuré. » « Je ne sais pas trop mais notre visite en ville de tout à l'heure m'a permis de connaître cet endroit. Estimons-nous heureux, tu veux bien. » Elle s'approchait de lui, plaçant le revers de sa main sur son front.

Elle avait toujours cet instinct maternel, Maïka voulait prendre soin de celui qui lui avait donné la vie. Une légère fièvre, rien de grave se disait-elle. Claus, lui, restait farouche de son côté, attendant avec impatience que quelqu'un daigne venir à sa rencontre. « Il faut trois quarts d'heure pour voir un médecin ici ? » Un doux mélange d'exagération et de mauvaise foi. Enfantin. Puis une apparition salvatrice, celle d'un homme venu pour le soigner. « Navré de vous déranger. » La belle se voulait polie tandis que son mortel était décontenancé par la vision qui se présentait à lui.

Bien longtemps qu'il avait enfoui l'attirance dans son esprit, il ne pensait jamais à cela à tel point qu'il passait souvent pour un homme sans cœur. Mais là ; il éprouvait un mélange de souffrance, de rejet comme à son habitude mais aussi et surtout une massive approbation quant à l'apparence de ce médecin. « Je. Bien. » La belle tiquait dans l'instant sur la réponse évasive de son mortel mais n'avait guère le temps de s'attarder sur ce détail. Ils suivaient ainsi l'homme dans un lieu approprié puis, sans mot, Claus prenait la place qui lui était indiquée.

La douleur était lancinante, gênante. Le mage laissait faire sans broncher, le fixant afin de surveiller ses divers faits et gestes. « Faites. Je peux retirer la chemise si vous voulez ? » Il le laissa faire pour la suite. Et une question à leur encontre, soudaine. « Un monstre. » Maïka prenait la main afin de laisser son partenaire se reposer. Bras croisés au niveau de la poitrine elle finissait par poser le bout de ses doigts sur le pommeau de l'épée présente à sa ceinture, en guise d'indication. « Nous avons été appelé pour une visite dans la caverne cascade. »

Un léger rictus. « Vous avez les mains sur le protecteur du Nord. » « Oh n'en fais pas trop Maïka, c'est absurde. » Il grommelait un peu puis gémissait sous une douleur soudaine suite à sa prise de parole. La belle s'en amusait. « Une créature rôdait près de la ville et je crois que nous l'avons trouvé. » C'était certain, d'un peu trop près d'ailleurs. « Allez-y je ne suis pas un geignard. » Il serrait la mâchoire, peu à peu elle se crispait pour autant aucun son ne se faisait entendre de sa part. Claus restait silencieux les yeux fermés, la douleur étant malgré tout saisissante.





A long time ago || ft Galahad., par Galahad ► 15/4/2018, 18:28 ►

Clausgalahad

There are some wounds that can never heal. There are scars that make us who we are. But without them, we don't exist.

Un monstre. Voilà qui est inquiétant. « Hum. » « Vous avez les mains sur le protecteur du Nord. » « Et c’est censé être une bonne nouvelle ? C’est censé être exceptionnel ? » ... Cornaline. Pourquoi t’obstines-tu à faire dans l’insolence ? « Il soigne — » stop. « Il suffit ! » à ma voix de se radoucir. Ne retombe pas dans l’excès, Gardienne. « Il suffit maintenant. Va donc me chercher un autre linge au lieu de raconter tes inepties. » regard incisif, coup d’œil défiant. Elle s’apprête à renâcler, je le sens bien. « S’il te plaît. » « Allez-y je ne suis pas un geignard. » très bien. « Si la plaie avait été plus profonde, j’aurais été dans l’obligation de vous orienter vers l’hôpital. » pause. « Par chance, dans votre cas, aucun organe ne semble avoir été touché. » l’hémorragie s’apaise lentement mais sûrement. Avec les espaces morts, il va falloir réaliser un plan sous-cutané en point simple inversé. Mon appui se fait un peu plus franc. « Tiens. » non, tu n’auras pas l’occasion de faire la fiérote. Elle envoie le tissu mouillé de manière à ce qu’il vienne me fouetter le visage.

Clac !


Scotché sur les « yeux ». Entre temps, du liquide s’est déversé - en gouttes plus ou moins importantes - autour. Cornaline. Je reste en suspend, pris de surprise par ce geste on ne peut plus... suicidaire. Rire ? Oh non, ça ne me fait pas rire du tout. T’es-tu mise en tête... de ruiner toute ma crédibilité ? ou bien de montrer combien je ne suis pas patient, peut-être ? Gros caprice malvenu.

Plusieurs secondes passent sans que je fasse le moindre mouvement. Impassible. Il faut que je sois impassible. Le liquide coule le long de mon visage — et progressivement sur les vêtements — tandis que j’envisage d’ôter l’indésirable de là. Et si ça avait été une solution plus agressive ? et si ces produits avaient été nocifs ? Se rend-t-elle compte non seulement de l’importance mais également de la dangerosité de son geste ? Assurément que oui. Il faut que je sois impassible. J’essuie ma trogne avec le haut de la main — le poignet donc — et repousse les cheveux humidifiés en arrière — toujours sans contact avec les mains en elles-mêmes. Malheur. Ça me pique l’œil. « Galahad ? » forcément qu’elle sait que mon silence n’est pas de bon augure. Entre personnes sanguines nous savons reconnaître les signes. Pour autant, je suis sûr qu’elle mousse intérieurement de m’avoir ainsi fait taire. L’œil continue à picoter et à flouter : une lotion antiseptique n’est pas faite pour être appliquée — ou du moins celle-ci — sur le visage (et encore moins dans les yeux). Il faut que je sois impassible. « Vous n’êtes pas trop mouillés, au moins ? » je m’adresse au protecteur du Nord et à sa coéquipière, bien entendu. A qui d’autre ? Mon esprit est bien trop embrouillé pour prêter attention à leur réponse, mais je leur tends une serviette dans le doute.

Ne regarde surtout pas Cornaline, Galahad.
Surtout pas.

« Veuillez m’excuser quelques petites minutes. » il faut rincer, ça ne se calme pas. J’ai déjà perdu la vue d'un côté, ce n’est pas pour faire la même de l’autre. Je quitte donc la salle sans chercher à me retourner et pousse la porte pour arriver dans une pièce annexe ; beaucoup plus petite. Un miroir et un lavabo, c’est tout ce qu’il me faut. Rouge. C’est terriblement rouge. Je m’appuie d’une main sur le bord du mobilier en marbre et asperge mon visage de l’autre. Cet intermède aura au moins le mérite — voire le devoir — de me calmer.

Lavage de mains.
Il va falloir faire avec.

« Bien, où en étions-nous ? » retour énergique. Nous réglerons nos comptes plus tard, sois-en sûre. Pour l’heure, il importe plus de lui venir en aide qu’autre chose. « Par précaution, je vous demande de vous rendre à l’hôpital dès que possible, et ce, afin de vérifier que mes certitudes sur la non-atteinte des organes sont fondées. » la désinfection continue avec le fameux « chiffon ». « Tu en veux un autre... ? » ne joues pas avec mes nerfs. « La marche à suivre est de recoudre la plaie et d’y appliquer ce que l’on appelle un « pansement » sous forme de bandage. » lorsqu’il s’agit de travail, je sais me montrer bavard.

Recoudre.

« Respirez un grand coup, j’y vais. » aiguille à revers qui pique dans le fond de la plaie pour ensuite revenir à la surface.

A long time ago || ft Galahad., par Claus ► 16/4/2018, 23:47 ►


A long time ago || WITH Claus & Maïka

La douleur était persistante, Claus la sentait comme omniprésente pour autant il gardait cette aura fière qu'il ne voulait jamais briser. Son attitude était telle une armure de laquelle il ne voulait retiré aucune partie à moins d'offrir sa confiance. Posé, il regardait le médecin agir, lui expliquer et poser ses questions. Il avait une façon d'être fascinante ; le mage ne pouvait s'empêcher de déposer son attention sur lui. L'homme était un aimant qui lui permettait de penser à autre chose qu'à sa fameuse blessure. Ses yeux le détaillaient, le passaient au crible.

Elle se figeait, son attention se focalisait sur son cache œil bien qu'il ne tarda pas à s'en désintéresser. Surprise, la gardienne de Galahad montrait une façon d'être dérangeante, une manière d'agir des plus agaçante. Il haussait un sourcil, Maïka la regardait avec insistance. Quelle femme abjecte se disait-elle sur le moment. « Prenez le comme vous voulez ma chère. » Protection, le rôle de chevalier servant changeait d'individu, la belle prenait la suite. Son venin s'apprêtait à la cibler sans pour autant avoir le temps de lui offrir le plaisir.  

Le médecin reprenait la main, il la remettait en place avec une poigne imposante. Maïka affichait un léger rictus en direction de celle qu'elle considérait déjà comme une menace. Quelle joie que de la voir fermer son clapet, sans n'avoir à rien faire qui plus est. « Disons que j'ai eu de la chance dans mon malheur dans ce cas. » « Je suis rassurée de vous l'entendre dire Docteur. » Son inquiétude maternelle se dissipait un peu face à l'annonce soudaine. Elle ne pouvait s'en empêcher bien qu'elle ait conscience d'agacer son mortel.

Puis un son, un geste inopportun. Cette femme est une gamine, Claus laissait cette pensée se multiplier dans son esprit, son regard à présent figé sur cette gardienne d'avantage semblable à une plaie qu'une infirmière. Quelle piètre chance que d'avoir sacrifié une partie de sa vie pour se retrouver avec une chose pareille. En meilleur état le mage aurait sans doute libéré un propos cinglant mais dans l'instant il préférait ne pas commenter. « Rien à signaler pour ma part. » « Et non, vous êtes le plus à plaindre mon cher. »

Maïka prenait malgré tout la serviette, la gardant en main. Tandis que le médecin se retirait — sans doute pour se débarbouiller, elle s'approchait de son mortel, essuyant la sueur sur son front. « Oh ne prends pas cet air dramatique veux-tu ? » Claus ne voulait pas de la compassion et encore moins de la pitié. C'était une simple blessure, inutile de rendre la chose plus imposante. « Tss, ne vois-tu pas quand les gens veulent juste s'occuper de toi ? » Il voulait hausser les épaules mais n'en faisait rien ; inutile de souffrir pour rien.

Un coup d’œil vers l'empêcheuse de tourner en rond. « J'espère pour vous que ma plaie ne s'infectera pas car nous perdons du temps. Vous êtes la plus mauvaise assistante que j'ai jamais vu. » Au final il libérait sa parole cinglante ; elle frappait trop fort sur ses lèvres fines à la recherche de la sortie. De retour. « Bien. je ferais ce qu'il faut pour qu'il ne déroge pas à ce conseil. » Elle lançait un regard appuyé sur Claus. « Ne tournons pas autour du pot, allons-y. » Vive douleur, son corps se crispait. « Putain. » Le mot sifflait de manière instinctive.





A long time ago || ft Galahad., par Galahad ► 29/4/2018, 04:38 ►

Clausgalahad

There are some wounds that can never heal. There are scars that make us who we are. But without them, we don't exist.

« Cornaline n’est en rien mon assistante. » concentration « Fort heureusement, d’ailleurs. » et tu n’as pas fini de jurer, protecteur du Nord : il va te falloir supporter quatre boucles comme celle-ci avant de recouvrer ta liberté. Son regard qui semble parfois se perdre sur moi ne me dérange pas outre mesure — car oui, je l’ai bien senti — : j’ai l’habitude de ce genre de comportements maladroits. Et puis l’humain a des yeux, c’est bien pour les utiliser, non — bienheureux est celui qui a encore la possibilité d’user les deux — ?

L’aiguille traverse les chairs — muscle, aponévrose, tissu sous-cutané, peau — et reparaît à la surface. Le but de cette suture sous-cutanée (réalisée au fil 2/0) est non seulement de rassembler les deux berges de la plaie, de limiter les espaces morts, mais aussi — et surtout — d’éviter la formation d’hématomes qui conduisent bien souvent à des infections disgracieuses. Le noeud de fin évitera bien des désagréments. Adieu la cicatrice inesthétique, si tout se passe bien. Le « plan profond » est nécessaire ici tant l’anatomie est propice aux étirements : les tensions appliquées n’auront aucun impact sur la plaie à partir du moment où je m’arrange pour bien serrer l’ensemble. Je ne vais pas vous mentir, une telle chirurgie ne vole pas que dix minutes à un médecin : au patient de serrer les dents et de prendre son mal en patience donc. C’est un travail minutieux, de longue haleine tant la précision est de mise : il faut éviter les décalages, ne pas être trop superficiel ou à l’inverse trop transfixant. Hum. Un plan dermique ne suffira pas à faire tenir le tout, il faudra de surplus songer au plan superficiel afin de consolider. À ce niveau, il ne risque pas l’ischémie et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai préféré ces techniques au point à appui dermique profond.
Clic.
Un coup de ciseaux qui sonne net. « Je vais devoir passer une seconde fois. »

Et on recommence la manipulation.

Clic.


« La magie de l’affaire, c’est que vous n’aurez pas à venir me revoir pour l’ablation des fils : ils sont résorbables. Les avancées sont fulgurantes. » quelques mouvements au niveau des extrémités me permettent de vérifier que la suture est stable et convenable. « Je vais vous appliquer un pansement imbibé d’Amalaki qu’il ne faudra retirer sous aucun prétexte au cours des vingt-quatre prochaines heures. » plissement de l’œil. « Vous allez observer pendant un ou deux jours des rougeurs au niveau de la suture, mais elles disparaîtront bien assez vite. En revanche, si vous constatez des tiraillements plus importants ou voire des rougeurs plus intenses, il faut absolument venir me voir — ou aller voir quelqu’un d’autre, peu importe, mais il vous faudra un avis professionnel. » air entendu. « Le nettoyage devra être effectué tous les jours à l’aide d’eau mélangée avec du sel et d’un savon. Pensez surtout à tapoter la blessure et non à frotter : le résultat ne serait pas le même sinon et vous atterririez dans mon bureau plus vite que prévu. La bande est à changer tous les jours elle aussi. Et s’il vous plaît, lorsque vous nettoyez... » me voilà en train de mimer le mouvement. « Faites toujours des mouvements circulaires, en partant des points de suture jusqu’à l’extérieur. Jamais l’inverse. Réaliser le mouvement dans le sens inverse reviendrait à amener de possibles bactéries à l’intérieur de la plaie, aussi suturée soit-elle. » pause. « Enfin, et le plus contraignant pour vous — je pense — va être de vous mettre au repos. Il est inconcevable de manier une quelconque arme avec une plaie pareille, c’est tout bonnement inconscient. Trop de patients me reviennent avec des infections plus graves parce qu’ils n’ont pas suivi ce conseil. Du repos est donc de mise ; une bonne semaine et quelques pour le moment. Si vous dérogez à la règle, vous en aurez pour le double, voire le triple de temps à vous en remettre et le Nord devra se passer de son protecteur ou si ce n’est vous remplacer. » cette fois-ci, je regarde la jeune femme, d’un air qui se veut quasi-strict. « Puis-je compter sur vous ? » il est majeur — ça c’est certain —, mais j’ai un petit doute quant à sa capacité à demeurer calme et raisonnable.

Tout en parlant, j’applique le bandage, me lave ensuite les mains et les essuie.

« Avez-vous des questions ? des inquiétudes, peut-être ? souhaitez-vous que je note toutes ces informations sur papier ? disposez-vous de pansements chez vous ou me faut-il vous en procurer ? » une chose me revient. « Oh et je ne me suis pas présenté, mais je suis le docteur Von Wies, enchanté. » une main qui se tend en signe de formalité : nous faisons tout à l’envers, mais nous le faisons tout de même.

A long time ago || ft Galahad., par Claus ► 2/5/2018, 12:16 ►


A long time ago || WITH Claus & Maïka

Le passage du fil était désagréable, douloureux. Claus crispait sa mâchoire à chaque traverser de l'aiguille. Le mage préférait fermer les yeux face à l'adversité — il restait ainsi posé à attendre que le mal passe, essayant tant bien que mal de penser à autre chose. La plaie était plus intense qu'il ne l'imaginait et l'homme n'avait pas pensé se retrouver dans une pareille situation en venant ici. Ce docteur prenait les choses au sérieux, cela il ne pouvait pas le nier. Des gouttes de sueur perlaient sur son front, dévalant son visage jusqu'à son menton.

Puis un arrêt, une interruption du spécialiste. Le mage ouvrait alors les yeux libérant une grande expiration. Il cherchait à reprendre une respiration normale, plus neutre et contrôlée tandis que Galahad annonçait la triste nouvelle. « Vous n'êtes pas le roi des bonnes nouvelles... » Il préférait jouer l'ironie tandis qu'il gémissait dès le premier appui de l'aiguille contre sa peau. « Courage mon beau. » Maïka restait derrière lui, essuyant son front avec la serviette en prononçant ses mots. Elle savait son mortel digne, trop digne, usant ensuite du silence.

Douleur lancinante puis le son de la libération, le bruit vif et soudain du ciseau coupant le fil. « La magie aurait surtout été que votre Gardienne soit capable de me soigner d'un claquement de doigts. » Il se redressait un peu en grimaçant au passage. « Mais au moins je n'aurais pas l'air d'un vieux baroudeur avec une mauvaise cicatrice. Je vous remercie. » Claus avait la langue bien aiguisée pour autant il ne voulait pas donner la sensation d'être désagréable. « Bien papa. » Il esquissait un sourire en coin à l'écoute des diverses directives.

Pour sûr c'était un bon médecin. « Claus se reposer, c'est amusant. » Maïka menait sa main à sa bouche comme pour retenir un sourire intense ou un rire moqueur. « ... vous pouvez compter sur moi, je compte bien le surveiller avec attention. » Le mage haussait un sourcil, son regardant passant de sa gardienne au médecin. « Hum, cessez dont de m'ignorez comme si j'étais inconscient tous les deux. Je sais ce que je fais. » « Mais oui si tu le dis, je garderais un œil quand même. » Elle posait sa main sur l'épaule de Claus puis déposa son attention sur le médecin.

Des infos, trop d'informations. « Hm je crois que j'ai perdu le fil. Je suis partante pour avoir cela par écrit si vous le voulez bien. » Maïka croisait les bras au niveau de sa poitrine, amusée par la façon de faire de Galahad. « ... et je vous confirme que nous n'avons pas du tout le nécessaire pour les soins. Nous allons avoir besoin de matériel. » La discussion finit alors par emprunter une allure plus normale — des présentations. « Nous non plus vous savez, vous ne connaissez que mon rang. Je suis Claus et voici Maïka ma gardienne. Enchanté. »





A long time ago || ft Galahad., par Galahad ► 22/5/2018, 01:01 ►

Clausgalahad

There are some wounds that can never heal. There are scars that make us who we are. But without them, we don’t exist.

Pas le roi des bonnes nouvelles. Soigner d’un claquement de doigts. Papa. Ce jeune homme n’a... décidément pas la langue dans sa poche : peut-être devrait-il apprendre à se passer de faire ce genre de commentaires. « Hm je crois que j’ai perdu le fil. Je suis partante pour avoir cela par écrit si vous le voulez bien (...) nous n’avons pas du tout le nécessaire pour les soins. Nous allons avoir besoin de matériel. » « Fort bien. » l’interjection d’approbation par excellence. Heureusement pour moi, la Gardienne est plus avenante — mais surtout plus conciliante — que son mortel. Claus et Maïka. Très bien, nous en apprenons tous les jours. Sans rien ajouter sur l’instant, je me meus jusqu’au bureau ministre et prends place sur la chaise médaillon. « Alors. » la plume (noire d’oie) est ajustée au porte-plume : n’oublions rien sur le papier. L’évolution. Les complications. Le nettoyage. Le repos. Suivra-t-il seulement le quart des recommandations ? Ecriture anguleuse, appuyée et qui penche vers la droite. « Loin de moi l’intention de passer à nouveau pour votre paternel... » regard quelque peu perçant vers l’intéressé : apprends que je n’apprécie pas ce genre de familiarités. Le point final. « ... mais voici les conseils — énumérés précédemment — par écrit. » la signature est apposée et la feuille est bientôt tendue au blessé : ne lui donnons pas plus le sentiment d’être materné ; ni par sa Gardienne, ni par ma personne.

« Concernant le nécessaire pour effectuer les soins, je ne vais pouvoir vous fournir que les pansements : il faudra vous rapprocher d’un apothicaire pour la lotion — celle là même qu'il vous faudra appliquer tous les deux jours. » coup d’œil vif vers l’horloge rustique. « Ce sera pour demain matin, mais je mets la prescription sur l’ordonnance. » il me suffit de deux minutes à peine pour saisir une nouvelle feuille et la remplir des divers mélanges à effectuer : la mixture devrait être parfaitement cicatrisante. Ils sont du Nord, mieux vaudrait peut-être les aiguiller. « Vous pourrez trouver un très bon apothicaire au bout de la rue, à une dizaine de minutes. Il est un peu onéreux, mais les produits sont de qualité. » je scrute Cornaline qui se fait bien silencieuse. Elle semble avoir compris que la dénommée « Maïka » n’est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. Que prépares-tu donc, ma grande ? Les foudres. Voilà donc ce que l’on s’attire lorsque l’on se montre trop présomptueux.

« Je vais vous chercher tout ça. »

C’est dans une commode en acajou et aux pieds bas en volute (donc, de style Chippendale) que sont stockés divers produits propres à la médecine. Une clef à garnitures — sortie d’on ne sait où — s’enfonce dans la serrure, tourne et laisse entrevoir une sacrée réserve — des sortes de seringues, des pinces de pozzi, des pinces kocher, des paires de ciseaux coupe fil, des fioles, des produits de désinfection, des mallettes suspectes. Dix bandages devraient largement suffire pour le moment : en cas de nécessité, il aura vite fait de trouver un autre professionnel sur son chemin, ce n'est pas ça qui manque. Peut-être même pourra-t-il régler son souci à coup de baguette magique, allez savoir. « Voilà. »

La clef tourne une nouvelle fois ; meuble fermé.
Nous retournons derrière le bureau.


« J’ai pris le soin de mettre un peu plus de pansements, en cas de potentiels ratés. » mieux vaut en avoir trop que pas assez, ne croyez-vous pas ? « Et voici la feuille pour la mixture cicatrisante. » d’autres questions ou bien pouvons-nous mutuellement recouvrir à nos... obligations ? Pas que je veuille les mettre à la porte, mais si les consultations étaient normalement non-autorisées, c’est qu’il y avait bien une raison : avoir des tonnes de choses administratives à gérer n’est pas un cadeau. « Si vous n’avez plus de question, nous pouvons procéder au paiement et... rendre la liberté à notre protecteur du Nord. »

L’annonce du prix est toujours un peu « douloureux », mais je ne suis pas là pour me faire des amis.

A long time ago || ft Galahad., par Claus ► 28/5/2018, 12:32 ►


A long time ago || WITH Claus & Maïka

Claus ne pouvait pas s'empêcher de se montrer parfois acerbe dans ses propos. Il était ainsi depuis quelques années, depuis qu'il ne cessait de bégayer, d'être renfermé sur lui-même. Peut-être une astuce pour ne pas retomber dans ses travers ou surtout pour se protéger des diverses choses de la vie. En ce moment précis, le mage était dans une mauvaise posture qu'il ne pouvait gérer qu'en subissant ; aucun autre moyen ne se profilait. Il parlait comme ses pensées le submergeaient au risque de se montrer un tant soit peu désagréable.

Maïka avait ainsi pris le rôle de l'avenante, elle tentait d'arrondir les angles comme elle le pouvait en faisant la conversation. Le duo avait besoin d'un médecin, il l'avait déniché et se devait de se montrer redevable. C'était ainsi que la belle prenait la chose du moins. « Je vais tout prendre mon cher. » Elle prenait l'initiative de prendre le papier tandis qu'elle sentait le regard perçant du médecin à l'encontre de son mortel. Par instinct elle jetait un coup d'oeil vers Claus qui penchait la tête sur le côté droit. « Merci mais, je ne vous ai pas vexé j'espère ? »

Le mage se redressait un peu, se plaçant en position assise. Une grimace légère venait le subjuguer puis il se retenait. Dignité quand tu es là. « C'est déjà bien. Nous irons voir votre apothicaire pour espérer le meilleur matériel possible. » Maïka reprenait la main tandis qu'elle pliait le papier, le plaçant dans la poche de son pantalon. Pour une fois qu'elle avait fait l'effort de porter une tenue de combat, son mortel était blessé. Sa féminité était donc autant son arme que ses flammes. « Et peu importe le prix nous feront le nécessaire. »

Puis il se retirait un instant. « Tout va bien ? » « Ca va il fait du bon boulot la douleur semble déjà s'estomper un peu, je crois. » Et un coup d'oeil vers la gardienne de Galahad s'exerçait alors. « Nous prenons de votre temps en soirée. » La belle poursuivait sa tentative de sympathie tant bien que mal face à elle. Le médecin revenait alors avec le nécessaire. « Vous avez bien fait, sait-on jamais. » Le mage se massait la nuque de la main puis plaçait sa veste sur ses épaules sans pour autant enfiler les manches. « Je crois oui, nous vous écoutons Sir Von Wies. »




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