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« Il y a bien longtemps avant même que les gens n'habitent dans le ciel. Une guerre terrible éclata entre les hommes et une Déesse malfaisante. Après des combats sanglants, nos ancêtres aidés de Dieu scellèrent le pouvoir de cette Calamité. Puis quittèrent la terre souillée et stérile pour construire leur avenir dans le Ciel. »
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{ Les délices de la gourmandise [Ft Laran]
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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 8/4/2018, 22:30 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Ephrem & Laran


Aujourd’hui, il n’était pas de service, et Ephrem avait profité de cette journée de repos pour une promenade à travers la capitale de Marjoris. Il n’était pas vêtu de son uniforme, comme il l’était habituellement, portait des vêtements décontractés pour l’occasion. La sensation était étrange, lui qui s’était accoutumé à l’habit militaire qui ne laissait pas place à la détente. Bientôt il se motiva à oublier l’armée le temps d’une journée, le soldat ne travaillerait pas pour toute une journée. Aussi, quand il avançait dans les rues de la ville, peu de visages se tournaient vers lui, seules les quelques personnes avec qui il avait entamé une conversation un jour, ou ceux qu’il avait aidé se souvenaient de son visage. Autrement, il ne décelait pas les réactions typiques de ceux qui le croisaient en tant que soldat. Ni l’attitude très respectueuse, ni la lueur de crainte, ni celle du mépris que certains affichaient ouvertement parfois. Sans son uniforme, il n’était plus qu’un jeune homme ordinaire, sans son uniforme, il pouvait respirer et ne pas trop calculer ses faits et gestes. Et cela lui faisait vraiment du bien.

Le climat à Majoris était toujours chaud, et c’était pour cette raison qu’il avait choisi des vêtements légers. Pourtant, la chaleur demeurait étouffante, et il se retrouvait avec une envie de se rafraîchir le corps comme l’esprit. Ce n’était pas un désir compliqué à satisfaire ; la capitale regorgeait de lieu en tout genre. A force de déambuler ainsi, il allait bien trouver l’endroit qu’il lui fallait. Il s’arrêta quelques secondes devant un bar, avec pour motivation de s’acheter une boisson fraîche. Il hésita quelques instants entre les choix proposés, affichés sur la pancarte devant l’établissement, puis oublia l’idée de la boisson, avec une nouvelle idée en tête. Pourquoi s’abreuver d’une simple boisson, quand on pouvait manger plus consistant et goûteux, comme une glace, par exemple ?

Il poursuivit sa marche d’un pas toujours aussi tranquille, mais plus rapide cependant, alors que son regard balayait les rues à la recherche d’une enseigne qui proposait des glaces. Ephrem songeait déjà au goût sucré lorsqu’il en entamera une, et réfléchissait déjà au parfum qu’il choisirait. Au bout de quelques minutes de recherche, ses yeux rencontrèrent les portes d’un glacier. Lorsqu’il passa la porte, il frissonna en passant de la chaleur de la rue à la fraîcheur de l’enseigne. Il y avait déjà une petite queue devant lui, et il dut prendre son mal en patience jusqu’à ce que ce fut enfin à son tour. Il pouvait apercevoir les différents bacs renfermant les différents parfums colorés, et il hésita un moment entre deux parfums, avant de faire son choix, une fois arrivé face à la vendeuse. Et il fut tout heureux lorsqu’elle lui servit la glace au chocolat qu’il avait demandé. Il ne suffit que de quelques secondes pour qu’il paye la dame et sorte ensuite de la boutique, son met sucré tenu dans une main.

Maintenant, c’était une toute autre problématique qui lui venait… Où pouvait-il bien se poser pour en profiter comme il se doit ? La rue était remplie, et il ne voyait pas un endroit pour s’asseoir. Le soleil allait bien vite faire fondre la glace s’il ne faisait pas un choix. Devait-il chercher un banc, s’appuyer contre un mur, ou la manger en marchant ?


Un petit début, en espérant que ça va t'inspirer !
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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 11/4/2018, 22:30 ►
ft. Ephrem
la glace ultime

Chocolat. Framboise. Vanille. Nougat. Citron. La perfection. Assise sur un banc à l'ombre, chacune une cuillère dans la main, Laran et Lala dévoraient le monstre calorique qu'elles venaient d'acquérir. Les deux copines adoraient prendre une glace gigantesque aux multiples parfums pour ensuite, la déguster ensemble, piquant dans les différentes boules au gré de leurs envies. C'était plus sympa que d'en acheter deux. Laran avait du chocolat plein la bouche tandis que Lala finissait la boule citron, ses jambes battant dans le vide avec ravissement. Ces petits moments de complicité entre filles leur faisaient tout oublier. Elles aimaient flâner dans les boutiques puis manger une sucrerie en regardant les passants avant de rentrer à l'auberge où elles séjournaient. Certains qualifieraient ces journées de perte de temps.

Alors que Laran devait s'entraîner, recruter des explorateurs, en former quelques uns, préparer les vivres pour l'expédition, bref, tout un tas de trucs importants, elle avait papillonné après son entrainement matinal. A vrai dire, elle était censée évaluer un jeune explorateur qui rêvait de les rejoindre mais il ne s'était pas présenté à leur rendez-vous, laissant un trou béant dans son emploi du temps. De toute façon, Laran craignait que ce jeune n'ait pas les compétences pour descendre maintenant. Il manquait trop d'expérience. Du genre casse-cou. A foncer tête baissée dans l'aventure sans écouter ce qu'on lui disait. Au fond, l'exploratrice voulait le prendre avec elle, pour qu'il puisse réaliser ses rêves. Mais elle risquait surtout de finir avec une mort sur la conscience. Peut-être fallait-il lui laisser un peu de temps de prendre en maturité ... Ce serait délicat à lui annoncer.

« J'aaaaai chauuuud. »
« Non, on ne prendra pas une deuxième glace. »

Lala fit la moue tandis qu'elle enfournait une nouvelle cuillère remplie. On voyait que ce n'était pas la Gardienne qui devait payer. D'accord, avoir un tonton gouverneur de l'Est facilitait l'argent de poche. Pour autant, sa thune ne poussait pas sur un arbre dans leur jardin. Et puis, son rôle d'exploratrice en chef n'impliquait pas non plus un salaire mirobolant tant qu'elle restait sur ce le bon vieux plancher de Caelum. Un petit dédommagement pour la peine qu'elle se donnait en somme, loin de constituer une rémunération à part entière. Donc, non. Pas de deuxième glace.

D'autant qu'elle avait vu une jolie robe tout à l'heure qui la tentait bien. Elle se sentait un peu comme une patate actuellement, vêtue d'un débardeur noir avec une tête de lapin mignonne et un pantacourt ivoire. En plus, dès qu'elle voyait ses bras ainsi découverts, elle avait le sentiment que les gens dans la rue devait la prendre pour Jojo le déménageur avec ses muscles. Vivement qu'il fasse moins chaud qu'elle puisse de nouveau tout faire disparaître derrière une épaisse couche de vêtements. Le fameux filtre des complexes ; quand un talus finissait par ressembler à une montagne dans l'esprit de la victime.

« Tu la trouvais comment, la robe tout à l'heure ? » se hasarda-t-elle, indécise sur le sujet.
« Sympa. J'aime bien le rouge sur toi, ça te va. »
« Perso, je trouvais les froufrous trop choupi. Tiens, un peu comme la dame à gauche. »
« Erk, trop pas. Son chapeau est laid, il va tellement pas avec sa tenue. »
« Et elle ? A la sortie du glacier. »
« Mouais. Bof. Hé, c'est pas le petit militaire ? Celui que tu trouvais mignon. »
« Chut.»

Laran mit sa main en visière. Evidemment, hors de question de pointer les gens du doigt, elles communiquaient avec discrétion. En effet, ce garçon lui disait quelque chose. De temps en temps, elle passait par la caserne histoire de s'entraîner en leur compagnie avec la permission spéciale d'Isley. Elle se souvenait d'y avoir croiser ... Euh, comment il s'appelait déjà ? Efrain ? Ephrem ? Elle n'était plus vraiment sûre. A sa décharge, ils s'étaient juste croisés à l'occasion et avaient échangé quelques amabilités, rien de plus. Laran se leva d'un bond et se dirigea vers lui en courant avant qu'il ne s'en aille. Lala la suivit en flottant, grignotant le cornet en ricanant.

« Hééééé ! Coucou. Toi aussi tu aimes les glaces ici ? Ce sont les meilleures de toute la ville ! T'es en repos ? »

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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 15/4/2018, 17:54 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Ephrem & Laran & Lala


Le temps passait, et il ne trouvait toujours pas de place. Si ça continuait ainsi, la glace allait fondre, et ce serait une grande perte aux yeux d’Ephrem. Car oui, il était un gourmand, et chaque instant à manger une friandise, ou un met sucré, était précieux. Tant pis, il ne pouvait plus attendre longtemps, le soleil commençait déjà à se charger de la glace sans qu’il ne puisse rien y faire. Il ouvrit la bouche pour goûter la première bouchée, oubliant un instant l’urgence de trouver une chaise ou un banc. Le goût chocolaté était bien à la hauteur de ce qu’il attendait, c’était même mieux que dans son imagination. Lorsqu’il détacha ses yeux de la glace, il vit une jeune fille qui courait en sa direction. Surpris, il s’immobilisa en la regardant, avant de la reconnaître.

Il s’agissait de Laran, suivie de sa gardienne. Il se souvenait d’elle, et pas seulement parce qu’elle était l’exploratrice en chef, mais parce qu’ils s’étaient croisés une fois, lors d’un entraînement. Tout ceux qui s’intéressaient à l’exploration connaissaient la jeune fille, au moins de nom, et il faisait partie de cette masse. Ce qui surprenait surtout Ephrem, c’était qu’elle se souvenait de lui, alors qu’elle devait avoir un sacré emploi du temps, et croiser un grand monde chaque jour. Alors qu’elle approchait, il remarqua la tête de lapin sur son débardeur ébène, et ne put retenir un sourire, amusé. C’était mignon. Il remarquait maintenant que sa petite gardienne tenait une glace à la main, un peu grande pour elle seule.

-Salut ! Je ne savais pas que c’était le meilleur de la ville ! Mais oui, j’aime cette glace.

Comme la première fois qu’il l’avait rencontré, elle avait ce côté enthousiaste et solaire qui l’avait rendu appréciable. Il la connaissait à peine, et pourtant le soldat lui trouvait quelque chose d’attachant. Etait-ce parce qu’ils avaient environ le même âge ? C’était peut-être l’un des facteurs. C’était d’autant plus surprenant, puisqu’il n’aimait pas approcher les mages. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il l’avait trouvé sympathique lorsqu’ils s’étaient un peu parlés, alors qu’elle était venue à l’Académie dans le cadre d’un entraînement. Quant à Lala, il ne s’était pas encore prononcé à son propos, puisqu’ils n’avaient pas échangé plus que ça. En tout cas, bien que cela le surprenait, ça lui faisait plaisir qu’elle l’eut reconnu.

-Oui, aujourd’hui c’est repos ! Je vois que c’est le cas pour toi aussi.

Elle devait certainement profiter d’une journée de libre, puisque son emploi du temps devait être habituellement très chargé, bien plus que ne l’était le sien. Après tout, ce serait elle qui mènera les prochaines explorations sur Terre. Il fallait être courageux pour se lancer dans telle entreprise, et à son jeune âge, c’était une grande responsabilité sur ses épaules. Il arrivait à peine à s’imaginer explorateur, lui qui après tout ce temps, n’avait pas osé en parler à quelqu’un. Même s’il n’en parlait pas, il envisageait de plus en plus l’idée d’essayer, et en cet instant, il se trouvait bien en face de l’exploratrice en chef. Même s’il éprouvait un grand intérêt pour ce tout nouveau métier, il n’allait pas énoncer ce sujet. Parce qu’il ne le voulait pas, et aussi parce que cela dérangerait peut-être la jeune fille, peut-être cherchait-elle a user de ce temps libre pour se détendre.

Il se souvenait de sa problématique première, c’est-à-dire cette glace dans sa main, et la chaise qu’il recherchait pour se poser. Alors qu’il avait parlé avec Laran, la glace avait maintenant un aspect moins dur, un peu plus liquide. Malgré le temps qui s’écoulait, et même s’il en avait déjà avalé une bouchée, il ne perdait pas espoir, et se disait que peut-être la jeune fille et la gardienne avaient aperçu un endroit tranquille où se poser pour manger. Après tout, la gardienne était bien d’en finir une ? Il passa sa main libre dans ses cheveux, un peu embarrassé de poser la question :

-Dites-moi, vous n’auriez pas trouver un endroit pour s’asseoir ? J’aimerais profiter de cette glace comme elle le mérite, mais la rue est noire de monde…


689 mots
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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 20/4/2018, 21:46 ►
ft. Ephrem
emo corner

Pour tout avouer, Laran était un brin étonnée qu'il se souvienne d'elle. Elle n'était pas des personnes charismatiques s'imprimant dans votre esprit dès le premier contact. Elle pencha la tête sur le côté, un brin perplexe. Sa renommée issue de sa position lui passait souvent au-dessus de la tête, elle n'y pensait que rarement. A vrai dire, encore aujourd'hui, elle avait du mal à imaginer qu'elle avait une quelconque importance pour Caelum au point que son nom soit connu d'une partie de la population. Au moins, vous pouvez être assuré que la demoiselle ne prenait pas le melon. Au contraire, elle ne réalisait même pas son importance.

Quoi qu'il en soit, l'exploratrice était ravie de constater qu'Efren - c'était ça son prénom, non ? - avait encore le souvenir de leur rencontre fugace. Lorsqu'il confirma son diagnostic sur la qualité de la production du marchand de glace, elle s'illumina, les yeux pétillants. Pouf, un point commun. Un garçon qui aimait les glaces ici ne pouvait forcément qu'être sympathique, confirmant son a priori positif. Il avait l'air d'être gentil de toute façon, du style altruiste, à aider son prochain, probablement la raison qu'il l'avait poussé à intégrer l'armée. Peut-être qu'au fond, elle sentait que le feeling passerait bien à cause de la proximité de leur âge. Elle lui donnait à peu près entre dix-sept et vingt ans en voyant large.

Lala ne se prononçait pas. Elle grignotait son cornet, braquant sur le jeune homme son unique œil inquisiteur comme si elle cherchait à le jauger. Pour le moment, elle appréciait la concurrence afin de déterminer ce qu'il avait dans le ventre. La Gardienne ne partageait que rarement l'enthousiasme de sa partenaire. Elle préférait analyser avant de formuler ses remarques à Laran. Celle-ci sembla un peu gênée concernant son supposé repos. Elle se frotta la nuque.

« Oui, je suis en repos aussi, en quelque sorte ... »

Là, elle se souvenait de sa place. Son titre venait de lui revenir miraculeusement comme un boomerang sans qu'elle soit capable de le rattraper. Comment dire. Alors qu'elle aurait dû préparer activement leur première virée sur Terre, elle se promenait tranquillement avec Lala. Une vague de culpabilité s'écrasa sur la demoiselle. Certes, ce matin, on lui avait posé un lapin. Toutefois, si elle l'avait vraiment souhaité, elle aurait sûrement trouvé des dizaines de tâches n'attendant que son intérêt. A cet argument, Lala lui répondrait sans aucun doute qu'elle s'investissait suffisamment dans son rôle pour mériter un peu de détente de temps en temps. La créature s'inquiétait de voir sa Laran courir partout dans tous les sens, prenant à cœur toute la préparation dans son ensemble comme si elle cherchait à avoir la mainmise sur l'intégralité de l'opération, même ce qui ne relevait pas de sa compétence. Malheureusement, Lala savait qu'elle n'avait aucun pouvoir sur cette facette-ci de la personnalité de son amie. Mise à part l'influencer discrètement pour qu'elle se change les idées avec ce type de journée, elle était impuissante la plupart du temps.

Laran revint en pleine forme lorsque que le soldat en formation évoqua un endroit pour se poser. Elle se tourna triomphalement vers le banc à l'ombre qu'elles venaient de quitter quelques minutes auparavant, le doigt fièrement tendu vers ce lieu salvateur qui délivrerait ce pauvre Ephrem de la fourmilière humaine qui grouillait dans cette rue.

« Juste ici ! »

Elle se figea avec son bras tendu. Son sourire effectua un salto à cent quatre-vingt degrés.

« On dirait que certains guettaient nos places avec impatience. » soupira Lala.

Laran cligna des yeux. Deux gamins s'approchaient dangereusement du coin de fraicheur qu'elles venaient de quitter. Elle rangea son doigt, défaite. S'il y avait eu un emo corner dans cette rue, elle se serait sûrement agenouillée dans le noir pour remuer la poussière avec un bâton. Lala ne se laissa pas démonter. Elle flotta d'une impulsion jusqu'à leur ancienne place, rapide comme l'éclair. Laran grimaça. Sa gardienne n'appréciait pas de se faire doubler dans quoi que ce soit, même si elle devait envoyer balader impitoyablement des pauvres gamins. La demoiselle attrapa la main d'Ephrem pour le guider jusqu'au banc à quelques mètres. Arrivée sur place, elle resta cependant debout et invita les enfants à se poser à côté d'eux. Il y avait de la place pour tout le monde.

« Alors, ça se passe bien, à l'Académie ? »

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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 21/4/2018, 20:30 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Laran & Lala



Quand il lui parla de repos, il sentit un changement dans le comportement de la jeune fille. Elle semblait gênée, le regard un peu fuyant, et à ce moment-là, il se demanda si ce n’était pas un peu de sa faute. Peut-être ne voulait-elle pas parler de son travail ? Peut-être voulait-elle vraiment évacuer, s’évader le temps d’une journée entière ? Il ne voulait pas la froisser ou saper son moral, cette fille avait l’air gentille et simple. De loin, sa vie avait l’air d’être assez compliquée comme ça… Et il ne désirait pas en rajouter une couche. Il faisait beau, le soleil était radieux, ce n’était pas un temps à se faire des soucis.

En attendant, il fallait sauver une glace en détresse, et Laran semblait en être la sauveuse. Le visage du soldat s’illumina quand elle récupéra son sourire et sa bonne humeur, tout en pointant vivement son doigt dans une direction qu’il suivit avec des yeux pétillants et un grand sourire. Sa joie était communicative, mais son petit plan tombait vite à l’eau quand ils s’aperçurent que des enfants se rapprochaient de la place. Tout aussi rapidement que sa joie émergea, la jeune fille laissa tomber son bras, l’air abattu. Bien qu’un peu déçu, Ephrem n’avait pas perdu son sourire, et il était même assez touché de la bonne volonté dont elle faisait preuve. Cela leur donnait quelque chose en commun, cette envie de vouloir rendre service et se dépenser pour autrui. Avec un sourire franc et sincère, Ephrem secoua la tête devant la mine désolée de l’exploratrice :

-Allons, ne t’inquiète pas, ce n’est pas…

Grave. Sauf qu’il n’avait pas eu le temps de terminer sa phrase, que la gardienne fonçait déjà, en lévitation, vers le banc. Il haussa les sourcils, surpris de la réaction de Lala, dont il ne connaissait pas beaucoup à part le nom. Elle n’avait pas pris part à la conversation, préférant jusqu’alors rester en retrait. Cela l’avait d’autant plus étonné qu’elle réagit ainsi au quart de tour, lui qui avait gardé son attention sur la mage. D’ailleurs, il se rendait compte qu’il n’était plus aussi habitué aux gardiens qu’il ne l’avait été auparavant. Il se souvenait en avoir été fasciné à un moment de son enfance, lorsqu’il passait son temps avec sa mère. Et il ne savait pas s’il pouvait tenir une conversation avec un gardien, quel qu’il soit.

Il se laissa guider par la jeune fille quand elle lui prit la main, tout en calant sa glace près de lui pour éviter de lui faire perdre la tête – enfin la crème glacée, il fallait le comprendre ainsi – en cours de route. Lorsqu’ils arrivèrent au niveau du banc, le soldat fut plutôt content de la voir céder de la place aux deux enfants – après tout, eux aussi avaient le droit de passer un moment agréable. Tout en s’asseyant sur le banc, il remercia Lala pour son geste. Il avait senti le regard de la gardienne peser sur lui, mais pour l’instant, il ne s’en était pas inquiété, la laissant faire comme elle le souhaitait, même s’il se posait des questions. Peut-être qu’il avait une tâche sur ses vêtements, ou quelque chose entre les dents ? Il baissa brièvement les yeux vers sa chemise, mais rien à signaler, pas une seule tâche. Et puis, il ne ressentait aucune sensation désagréable au niveau des dents.

Enfin, il devait penser à autre chose, comme à Laran qui s’adressait à lui par exemple. Elle lui demandait comment ça allait à l’Académie.

-Dans les grandes lignes, ça se passe bien oui. J’aime bien l’ambiance, je m’entends bien avec les autres soldats la plupart du temps, et je crois que je me débrouille un peu mieux avec le temps…

Il haussa les épaules, mangea une autre bouchée de sa glace, puis ajouta :

-Après, il y a toujours les petits soucis quotidiens, certains soldats sont parfois désagréables. Et puis, il y a parfois des personnes qui mettent un peu le désordre dans la foule…

Enfin, il ne voulait pas trop parler des quelques soucis auxquels il faisait face, à côté des siens, ce devait être rien du tout. Il secoua la tête :

-Enfin, tout se passe bien. Et toi, comment se passe les préparations pour la descente ?

C’était étrange de s’entendre demander ça. Sans s’en rendre compte, ses yeux s’étaient illuminés, lui qui rêvait encore d’exploration.


731 mots
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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 24/4/2018, 22:02 ►
ft. Ephrem
les explorateurs,
vaste question

Une petite moue discrète dirigée vers Lala, qui, si elle l'aperçut, s'en tamponna l'occiput. Laran n'aimait pas quand sa Gardienne se comportait d'une manière aussi impulsive, voire, égoïste. Malheureusement, elle savait aussi qu'elle ne pouvait rien contre l'instinct de compétition de sa partenaire, même si son comportement semblait puéril dans ce type de situation. Elle espérait juste qu'Ephrem ne lui tienne pas rigueur des impairs de sa Gardienne. Lala était aussi sympathique que Laran, dans un genre différent, mais elle pouvait facilement donner l'impression du contraire quand son arrogance prenait le pas. Elle appartenait à ces gens qu'il fallait découvrir petit à petit pour les appréhender. Au moins, Ephrem n'avait pas l'air outré, Laran l'en remercia intérieurement. Il se laissa sagement guider, protégeant au passage sa glace d'une chute malencontreuse. Heureusement qu'il y avait songé parce que, pour sa part, la mage avait complètement zappé ce détail. Avec son initiative, elle aurait pu foutre en l'air la pauvre boule. La gêne. La prévoyance du soldat venait de sauver la glace déjà agonisante avec la chaleur ambiante.

S'adossant au mur, Laran leva la tête vers le ciel, un peu songeuse. Il avait l'air de se plaire à l'Académie. Pour ce qu'elle en avait fréquenté lors de ces visites occasionnelles, elle trouvait l'endroit plutôt chouette. Peut-être qu'elle aurait embrassé ce choix de carrière si elle en avait eu l'opportunité. La manière dont Ephrem parlait des autres soldats lui donnait le sentiment d'une certaine camaraderie entre les recrues. Elle les imaginait ensemble, riant aux éclats, se balançant des vannes après un bon entrainement. Bien sûr, comme l'avait soulevé le garçon, des éléments perturbateurs venaient ternir le tableau. Comme partout en fait. A son sens, ces petites embûches lui paraissaient largement surmontables ; elles faisaient parties du quotidien, peu importe où l'a formation ou la profession.

« Ça doit être sympa comme ambiance, se surprit-elle à laisser sortir à voix haute, en s'imaginant le quotidien d'Ephrem. Enfin, pas les gens désagréables. J'espère qu'ils ne te cherchent pas trop. »

Il ne manquerait plus que ça. Ephrem avait l'air d'un bon garçon, il ne faudrait pas que certains de ses camarades en profitent. Si elle n'avait pas eu Lala à ses côtés pour réfréner son envie de plaire à tout le monde, c'était assurément ce qui serait arrivé à Laran. Dans son cas cependant, il ne fallait plus qu'elle se montre aussi innocente. Elle ne fréquentait pas des compagnons de son âge, mais tout un panel diversifié d'explorateurs dont certains justifiaient d'une expérience double par rapport à la sienne. Dans le lot, elle ne doutait pas que certains tenteraient de profiter d'elle, de l'utiliser d'une manière ou d'une autre, de l'abuser. Emprunte de réalisme sur la question, elle le prédisait avec certitude. Par contre, savoir que ce genre d'incident pouvait se produire n'équivalait pas de facto à s'en prémunir.

En parlant d'exploration d'ailleurs, le soldat revint sur le sujet. Le thème la gênait mais elle ne pouvait pas lui en tenir rigueur. Tout le monde voulait connaître l'avancée de leur ambitieuse entreprise, faisant souvent preuve d'un enthousiasme plus débordant encore que celui de la mage. Simple curiosité naturelle face à cet événement primordial.

« Disons que ça avance. Dans quelques temps, on va descendre pour la première fois en éclaireur avec Lala et Claus et Maïka, si j'arrive à les convaincre. Je ne fais pas grand chose tu sais. Les explorateurs sont des indépendants ... »

Malaise. Comme d'habitude, Laran en venait fatalement à minimiser son rôle.

« Faux. Tu structures et tu organises leur indépendance, ce n'est pas négligeable. » lâcha Lala presque désinvolte, engloutissant la petite pointe du cornet qu'il lui restait.

Laran retourna à sa contemplation du ciel.

« Peut-être. Mais il ne s'agit pas d'une corporation réglementée à part entière. Chacun veut faire comme bon lui semble. Et j'ai la prétention d'être chef ? Pour ça, il faudrait qu'on soit un vrai groupe. J'essaye d'apporter de la structure, mais je me heurte forcément à la liberté découlant du statut d'explorateur. Tout ce que je peux faire, c'est leur offrir un cadre sécurisé minimal ... Elle sembla tout à coup se souvenir qu'Ephrem était avec elles. Petit rire gêné. Désolée, désolée. C'est un débat ennuyeux qu'on a souvent avec Lala. La profession d'explorateur t'a déjà tenté ? »

Ce genre de conversation sérieuse ne seyait guère à son énergie. Loin de céder à sa surexcitation habituelle, elle s’astreignait au calme pour un sujet aussi sérieux. Trop sérieux. Elle ne voulait pas assommer Ephrem avec des discours creux. Il avait suffisamment de problème pour ne pas qu'elle rajoute ses états d'âme au sujet de l'articulation complexe entre la liberté des explorateurs, leur statut, leur affiliation à l’État par son truchement, sa propre légitimité. Par contre, savoir si la profession avait déjà tenter le jeune homme titillait sa curiosité.

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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 29/4/2018, 18:45 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Laran & Lala


La jeune fille semblait s’intéresser à son quotidien. Lui n’y trouvait rien d’exceptionnel, même si sa vie était différente de celle du marchand, de l’artisan ou des autres métiers que l’on croisait ça et là en sortant en ville. Et quand il travaillait, lors de ses patrouilles, il ne pouvait s’empêcher de regarder le monde se grouiller dans ses affaires, de regarder la vie des passants, la vie des autres, d’observer leur quotidien. Il lui arrivait même souvent de s’arrêter pour les aider, lorsque certaines personnes demandaient de l’aide. Sa vie de militaire était simple, il ne faisait pas encore partie de ceux qui allaient affronter le véritable danger, ceux dont le sang bouillait grâce à l’action et l’adrénaline. Laran imaginait une ambiance tranquille, et c’était bien le cas. Parfois, ça l’ennuyait un peu, lui qui avait encore quelques rêves pleins la tête, qui parfois songeait à faire un pas vers ce qui était son souhait depuis sa petite enfance… Quand il entendit la jeune fille s’inquiéter pour lui, il sourit :

-Oh, ne t’inquiètes pas, j’arrive à gérer ça.

Il ne pouvait pas dire que la situation n’avait pas été un peu compliquée à ses débuts. Il y avait toujours des idiots pour croire au bizutage, et ceux qui voulaient saper le moral des nouveaux arrivés. Ephrem avait été assez têtu et colérique pour tenir tête à ces gens-là, et il n’avait pas compté les nombreux moments durant lesquels on l’avait sanctionné avec tous ces clampin et lascars avec lui, dans des corvées gênantes dont seuls les supérieurs en avaient le secret. Sur le moment, il avait grimacé et s’en était plaint, mais maintenant qu’il y repensait, c’était plus comme de bons vieux souvenirs qu’il pouvait se ressasser parfois et qu’il pourrait raconter un jour ou l’autre à qui avait envie de l’entendre. Il y avait toujours des idiots pour revenir à la charge, mais avec le temps il était de moins en moins pénible de gérer les situations. L’important était surtout de garder son calme, bien que pour lui cela pouvait être une tâche ardue.

Maintenant que le sujet de l’exploration venait dans leur conversation, il ressentit la gêne de la jeune fille. Peut-être n’aurait-il pas du aborder la question, même si dans le fond l’enfant qu’il était en lui voulait en savoir plus. Il y avait toujours cet émerveillement idiot dans ses yeux, comme dans un temps ancien, quand on parlait de la Terre et de ce qu’elle pouvait y cacher. Malgré le malaise, Laran répondit. Elles iraient bientôt sur Terre, avec Claus et Maïka. Il avait déjà entendu parler de l’ancien protecteur du Nord et de sa gardienne, mais ne les avaient jamais vu en face. C’était le genre de personnes qui selon lui, agissaient pour le bien et l’avancement de l’humanité, et cela sonnait comme une bonne nouvelle de savoir qu’il était possible qu’il se joigne à Laran pour la suite. La jeune fille avait l’air d’être un être plein de bonne volonté, et elle méritait d’être le mieux entourée dans la mesure du possible. Après tout, bien qu’elle fût fascinante, la terre restait inconnue et potentiellement dangereuse.

Laran ne se pensait pas importante, pourtant son rôle était grand pour la suite des événements. Comme elle le disait, les explorateurs étaient indépendants, mais elle était celle qui devait donner l’impulsion au mouvement, celle qui donnerait les bases de ce qui allait suivre. Même si de nombreux détails lui échappaient, Ephrem semblait être du même avis que la petite gardienne. Alors que le débat entre Lala et la mage semblait être bien parti pour s’étendre, la jeune fille coupa court à ce dernier, préférant passer à autre chose. Elle lui demandait maintenant s’il avait déjà songé à devenir explorateur.

-Et bien… dit-il d’une voix songeuse et hésitante.

Ce fut à son tour d’être gêné. Il ne pouvait pas dire que l’idée n’avait jamais tourné dans sa tête, elle avait même tourné bien des fois, dans tous les sens, durant plusieurs années. Il n’avait jamais su ce qu’il devait en faire, de ce rêve qu’il gardait en tête, et qu’il avait longtemps mis de côté, par pure crainte. Maintenant qu’elle lui avait posé la question, tout lui revenait en pleine face, tous ces sentiments confus et partagés dans son esprit. Et maintenant qu’elle lui posait la question, forcément, il devait y répondre. Dorénavant le sujet de l’exploration était là, et il ne pouvait pas faire marche arrière.

-J’y ai déjà pensé sérieusement, il y a un moment. Je me suis toujours demandé ce qu’il pouvait bien y avoir au-dessous de nos pieds.

Son regard s’illuminait, il repensait à son enfance, aux livres d’histoires qu’il avait lus, à ce que lui racontait sa mère, elle qui avait été persuadée que la descente sur Terre représentait une évolution énorme et positive pour les humains. Mais le temps avait passé, et plus on se rapprochait de quelque chose de concret, et plus la crainte avait évolué. Il haussa les épaules, puis ajouta en haussant les épaules :

-Mais c’était il y a longtemps.

Puis il lui demanda, avant de croquer dans sa glace :

-D’où t’es venue l’envie de descendre explorer ? Enfin, si la question ne te dérange pas.

870 mots
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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 1/5/2018, 23:02 ►
ft. Ephrem
le gala de la gêne

Un partout au grand match du malaise, la balle était au centre. Les deux pieds dans le plat, comme d'habitude. Parfois, Laran avait envie de frapper sa tête très fort contre le premier mur venu tellement elle se trouvait stupide. Évidemment qu'il avait déjà songé à devenir un explorateur, comme quatre-vingt pour cent des jeunes de leur âge épris d'aventure. Peut-être même avait-il fini dans l'armée par défaut, ne pouvant concrétiser une carrière d'explorateur. Échec à éveiller une Eare ? Parvenir à réveiller un Gardien n'était pas la condition sine qua none pour devenir explorateur. Pour autant, être mage facilitait grandement l'accès à la profession ; manier la magie, sachant que la nature des dangers tapis sur Terre était inconnue, pouvait s'avérer indispensable. Et comme rien n'indiquai pourquoi une Eare réagissait avec tel individu et pas avec un autre, la mage ne doutait pas que certaines personnes n'aient jamais trouvé chaussure à leur pied, comme en amour. Dénicher la bonne combinaison dans un temps restreint, avant que le porteur ne soit plus en mesure de sacrifier la moitié de sa vie, se voulait compliqué sans un coup de pouce du destin.

Ou alors, il avait juste renoncé à son rêve. Possible. En tout cas, elle le comprenait parfaitement à l'évocation des mystères sous leurs pieds. Elle aussi, cette énigme alimentée par des récits fantastiques l'avait abreuvée jusqu'à l'ivresse. Son regard pétilla de concert. Bientôt, elle déterminerait ce qui relevait du mythe par elle-même. Qui sait : la fiction pouvait même être en deçà de la réalité. Elle partageait cette curiosité avec lui. Sa réaction l'étonna lorsqu'il balaya d'un haussement d'épaules ce rêve lointain.

Pourquoi avoir abandonné si subitement ? Quelque chose s'était mis en travers de son chemin ? Une aspiration moins romanesque ? Une nécessité ? Frustrant. Laran voulait en savoir plus. C'était comme lire le dos d'un bouquin pour découvrir qu'il n'y avait rien à l'intérieur. Malheureusement, elle doutait que lancer ce pavé dans la mare soit très opportun. Vu l'embarras dont il avait fait preuve au départ et sa réponse laconique, il ne désirait pas s'étendre sur le sujet vraisemblablement. Regard discret vers Lala qui se contenta d'agiter légèrement son index. Traduction : ne tente pas, trop risqué. Elle sentait que la petite créature se languissait d'en apprendre davantage également, juste par curiosité. Ces deux-là se ressemblaient sur ce point : elles voulaient tout savoir. Elle se résolut malgré tout à abandonner avant de commettre un impair. Plus tard.

Ah. On passait au score admirable de deux - un niveau gêne. Laran fut surprise de sa question, voire, un poil désarçonnée. Lala se retint de rire ; elle pouffa mais plaqua rapidement ses deux mains sur sa bouche pour éviter que le son sorte.

« La question à un million de caelis. » sortit la Gardienne, plaçant sa main sous son menton d'un air de signifier qu'elle se délectait par avance de la réponse à venir.

La demoiselle sentit une vague de chaleur s'écraser sur elle et la température n'avait rien à voir avec ce phénomène. Laran savait où Lala voulait en venir. Et Lala savait que Laran savait où elle voulait en venir. Pas Ephrem par contre. Un ange passe. Elle amorça un réponse qu'elle voulut convaincante, fixant Ephrem droit dans les yeux pour affirmer sa détermination.

« Pour les mêmes raisons. J'ai toujours voulu savoir ce qu'il y avait en bas. L'aventure m'attire. »

Lala ne dissimula pas son sourire en coin ; elle n'était pas convaincue, loin de là. Une fois les mots sortis de sa bouche, Laran se mit à les regretter. Stupides. Creux. Légers. Pourtant, elle énonçait une vérité. L'aventure l'attirait véritablement, cette liberté dans ses expéditions, l'adrénaline face au danger, le sentiment d'être utile et d'aider les gens. Autant de composants qui lui plaisaient. La curiosité, bien que réelle, lui semblait néanmoins un brin maigre vis à vis de son statut. Comme si elle n'avait pas de motivation suffisante. Normal, dirait Lala, en lui soufflant qu'elle ne parvenait pas à étayer son argumentaire justement parce qu'il n'était pas le sien. Une idée de son oncle ajouterait-elle. La rouquine se garda cependant de lancer le débat épineux. Ephrem n'avait pas à être informé des hésitations qui gangrenaient l'esprit de Laran sur son choix. Elle ne lui faisait pas encore confiance au point de partager ce genre de petit secret, surpris s'il était capable de mettre Laran dans une position délicate. Voir Laran réagir de la sorte lui confirmait son vieux pressentiment.

« Tu imagines ce qu'on va trouver en bas ? Peut-être qu'on changera l'histoire ! Ce sera géant. Je peux pas louper ça. Et puis, qui sait, peut-être qu'un jour on aura besoin de quelques soldats pour renforcer nos rangs auquel cas, ton vieux rêve pourrait se réaliser. A condition que tu me prouves que tu mérites de descendre ~ »

Elle poussa affectueusement l'épaule d'Ephrem avec un doigt, joueuse. Faire preuve d'enthousiasme, la marque de fabrique de Laran pour masquer admirablement ses hésitations.

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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 8/5/2018, 21:05 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Laran & Lala


Le jeune homme guettait la réaction de la jeune fille, ne sachant pas encore si sa question était trop déplacée. Visiblement, c’était le cas, puisqu’il voyait encore le visage de Laran changer, pour exprimer la gêne. Maintenant, il se sentait stupide… C’était bien la deuxième fois qu’il mettait la jeune fille mal à l’aise, lui qui désirait simplement converser avec elle. Ah, ce qu’il aurait aimé être moins maladroit, un peu plus diplomate et réfléchi comme son père. Hélas, il avait plutôt hérité du côté spontané et sentimental de sa mère. Avantage ou désavantage, il ne le savait pas trop. En revanche, ce qui sortait mal dans ses traits de caractères, c’était bien sa maladresse, qui se faisait largement sentir dans la situation actuelle. Cependant, ni Laran ni Lala ne semblait dérangée par la question ; Lala en riait, sans qu’il ne sache quelle en était la raison, et la mage finit par répondre en le fixant droit dans les yeux. Il se doutait bien que quelque chose, un détail lui échappait, et que seules la jeune fille et la gardienne savaient par leur complicité. Cependant, Ephrem ne releva rien, sentant que c’était bien un détail trop personnel pour poursuivre sur ce terrain compliqué.

Puis Laran s’exprima avec plus d’entrain, et l’enthousiasme dans sa voix fit sourire le soldat. En l’écoutant, il osait se perdre dans son imagination, songer à ce que cela pouvait être de se retrouver dans un territoire qui n’avait plus été exploré depuis bien longtemps. Il se rappelait, petit, lorsqu’il se passionnait pour les livres d’histoires, ceux qui contaient à quoi ressemblait la Terre auparavant – du moins, des archives qui en restaient – ainsi que des diverses suppositions qui en résultaient. Les souvenirs des journées avec sa mère lui revenaient, et il se souvenait des réunions auxquelles sa mère participait, ces longues discussions avec ces autres personnes qui s’intéressaient à la Terre. Certains d’entre eux avaient clamé haut et fort leur volonté de descendre sur Terre, mais suite au décès de sa mère, le jeune homme ne les avait plus revus. Etaient-ils sur le point d’accomplir leurs rêves ? Allaient-ils descendre un jour, ou allaient-ils suivre l’expérience depuis leurs sièges, et continuer leurs recherches ? C’était maintenant qu’il en parlait avec l’exploratrice en chef qu’il s’en rappelait.

La tournure de la discussion le surprit. Des soldats, descendre sur Terre ? Cela lui paraissait étonnant, surtout venant de la part de Laran. Après tout, les explorateurs n’éprouvaient-ils pas une crainte d’être contraints par l’aspect politique dans l’envoi de soldats ? D’un autre côté, l’envoi de soldats pouvait aussi être l’occasion de réunir les quatre régions dans une entreprise qui serait fort utile et pacificatrice vis-à-vis des tensions entre les régions. Il ne savait pas si cela arriverait un jour, bien qu’il se doutât qu’un jour ou l’autre, les dirigeants politiques trouveraient une opportunité dans l’exploration de la Terre. A vrai dire, l’image de cette perspective d’avenir ne lui était pas positive, même s’il n’en était rien. Il ria légèrement quand elle le poussa du doigt, amusé. Maintenant qu’elle en parlait, la question lui vint :

-Les explorateurs passent quels genres de tests ? Est-ce que c’est basé sur l’endurance, ou peut-être l’adaptabilité ?

Il s’était rendu compte à la fin de sa question qu’il avait peut-être parlé avec une voix légèrement aigue. C’était un peu idiot de s’aventurer dans le vieux sentier de ses espoirs, alors que quelque part, il avait commencé à se dire qu’il était bien de rester dans l’armée. Se donnait-il de faux espoirs ? Allait-il encore s’oublier dans ses rêves ? En théorie, il ne devait plus hésiter, il avait fait son choix. En théorie. Il tâcha de calmer ses émotions, en continuant de manger sa glace tout en écoutant Laran. Il en était au cornet.


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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 14/5/2018, 23:06 ►
ft. Ephrem
rêve et réalité

Rétrospectivement, embarquer des soldats dans leur folle équipée, ce n'était peut-être pas une très bonne idée. Laran avait balancé l'éventualité juste pour rire. Si elle osait émettre cette possibilité devant les autres explorateurs, on lui balancerait des cailloux. Tout lien officiel avec le pouvoir politique hérissait le poil de certains, une réaction épidermique presque viscérale qu'elle ne parvenait pas à comprendre. Ils gagneraient en organisation s'ils œuvraient avec le pouvoir central plutôt que de jouer les cavaliers solitaires. En plus, sa position lui permettait de créer un lien entre les deux sphères, même ténues.

A vrai dire, elle avait un peu le sentiment d'être en permanence sur une chaise bancale lorsqu'elle interagissait avec l'un ou l'autre groupe. Face aux explorateurs, elle se devait d'affirmer leur autonomie en minimisant l'intervention de Majoris, le cantonnant au domaine financier. De l'autre, elle affirmait toute sa sympathie à la capitale et prônait la collaboration étroite. Après tout, Laran ne se leurrait pas : si elle avait été choisie à sa place, c'était pour concilier politique et exploration. Dans cette configuration, difficile de vouloir plaire à tout le monde au lieu d'afficher une position claire et tranchée dès le départ. Un jour, il lui faudrait prendre position. Elle mettait tout son cœur pour que les explorateurs l'apprécient et la respectent afin de leur faire accepter sa décision, quelle qu'elle soit.

Autre prise de tête donc, à ajouter sur sa liste de préoccupations qui s'allongeait à chaque pensée. Dans quoi s'était-elle embringuée ?

Fort heureusement, Ephrem se décida à ne pas enfoncer le clou avec une nouvelle interrogation mortelle qui donnerait envie à la mage de se tirer. Au contraire, elle trouva la question très mignonne. Des enfants lui demandaient parfois la même chose, d'une manière moins structurée cependant. En fait, son intérêt lui rappelait celui de Karis lorsqu'elle discutait des explorations avec l'éleveuse. Cet appétit insatiable sur la profession fantasmée des explorateurs. Laran n'aimait pas décevoir les gamins qui rêvaient de suivre sa voie pour un jour frôler le sol terrestre. Malgré tout, avec l'aide de Lala, elle s'employait à bien leur expliquer que le métier d'explorateur n'était pas un choix anodin. Le danger, une situation instable, une espérance de vie réduite s'ils passaient le pas en éveillant une Eare.

Errer, crever la dalle, être tourmenté par la soif, ressentir la morsure du froid, ou, au contraire, se faire écraser par chaleur. Croupir dans une flaque de son propre sang parfois, souffrir, avoir peur lors des combats, sentir la mort nous frôler. Ne pas pouvoir s'attacher à cause d'une courte vie d'itinérance. Laran se demandait toujours comment ils réagiraient si elle leur montrait ses cicatrices. Certes, la plus impressionnante de sa galerie des horreurs ne provenait pas d'une exploration.  Mais les autres étaient suffisamment éloquentes sans qu'elle n'ait à raconter leurs histoires.

Ephrem n'était plus un enfant, elle n'avait pas besoin de le ménager. Mais Laran était trop gentil pour le dégoûter. Elle ne comptait pas lui mentir pour autant, même s'il voulait le renseignement par simple curiosité. Neutralité et franchise.

« Comme n'importe qui peut obtenir le titre sans une évalution préalable, je fais passer des sélections pour ceux qui veulent descendre sur Terre. Je ne doute pas du talent des autres, c'est juste que ... Comme on n'a pas encore identifié les dangers, il vaut mieux envoyer des éclaireurs rompus à l'exercice, pour plus de sécurité. Les autres nous rejoindront plus tard. Tu as déjà dû voir des affiches en ville pour des journées d'entretien réservées aux explorateurs. En fait, j'y rencontre les candidats qui souhaitent descendre sur Terre. Est-ce qu'ils ont de l'expérience, leurs motivations, ce genre de questions banales ... Si leur profil me paraît stable, je les prends avec moi et les autres aspirants lors d'un petit séjour dans une zone sauvage pour les évaluer sur le terrain. »
« Parfois, quand on n'a pas le temps d'organiser un gros déplacement, on affronte directement le candidat pour voir ce qu'il vaut ou on lui confie une tâche pour l'évaluer. »
« Vrai. Il y a beaucoup de candidats et comme la date fatidique approche, je n'ai plus vraiment le temps de faire des camps. J'ai passé les deux dernières semaines à Majoris à rencontrer des gens. Là, ça se calme un peu ... Après, sur le terrain, je regarde essentiellement leur sang-froid, leur capacité à travailler aussi bien en équipe que seul, leur adaptabilité, oui. Leurs compétences, d'une manière générale. Les critères ne sont pas vraiment précis, c'est plus une histoire de ressenti ... Ça recoupe un peu les aptitudes pour l'armée, non ? »

Elle ne se risquerait pas à autoriser une personne qui ne connaissait pas les bases en matière de survie. Ni les trop casse-cou, comme le garçon qu'elle était censée rencontrer ce matin. Bien entendu, les recalés pourraient à leur tour descendre sur Terre, elle ne pouvait pas non plus leur interdire l'accès ad vitam æternam alors qu'ils disposaient du statut d'explorateur. Quand ils auraient identifié les dangers clairement, ils pourraient emprunter la passerelle pour les rejoindre. Tout serait plus pratique si Laran avait le pouvoir d'organiser une vraie procédure de sélection au titre d'explorateur, histoire de s'assurer en amont du sérieux des prétendants. Malheureusement, vu qu'elle était arrivée sur le tard, la pratique libre était consacrée depuis trop longtemps pour qu'elle puisse révolutionner les choses du jour au lendemain.

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Les délices de la gourmandise [Ft Laran], par Invité ► 17/5/2018, 00:03 ►

Les délices de la gourmandise

La gourmandise commence quand on n'a plus faim

Feat Laran & Lala


Par rapport à la question précédente, la jeune fille semblait plus à l’aise. La sélection était plus fine qu’à l’armée. En même temps, entrer dans une académie dans laquelle on formait des personnes, au sein d’une ville, représentait un danger moindre par rapport aux risques d’envoyer des bleus au milieu d’une terre qui était totalement inconnue et dangereuse. Devenir explorateur était drastiquement différent d’entrer dans l’armée, même si la formation militaire comportait aussi quelques exercices en terrain inconnu. Cependant, la majorité des entraînements s’effectuaient directement au sein de l’académie, étant donné que les déplacements demandaient de l’organisation.

Mais Laran ne se limitait pas seulement aux capacités, les motivations entraient aussi en compte. Enfin, à l’armée, la motivation se mesurait lors des entraînements, et seuls ceux qui désiraient vraiment continuer n’abandonnaient pas en cours de route. Et, contrairement aux formations militaires, l’exploratrice avait peu de temps pour choisir ceux qui iront sur terre. Il était dommage que le temps jouât ainsi en sa défaveur. Maintenant qu’elle en parlait, il se souvenait d’affiches qu’il avait vu ça et là dans les grandes rues de la ville, notamment lors de ses patrouilles. Il se souvenait même s’y être attardé quelques instants, le temps de la lire tout en laissant son esprit s’évader.

Son visage exprima l’étonnement quand Lala ajouta qu’il leur arrivait d’affronter directement les candidats pour les tester. Allez savoir pourquoi, il trouvait cela étrange dans le contexte de l’exploration, alors qu’à l’armée leurs exercices pouvaient aussi être des duels et affrontements entre recrues et soldats. Il arrivait d’ailleurs que des formateurs utilisent des soldats en guise d’exemple, afin de montrer l’exercice. Peut-être était-ce parce qu’il imaginait mal la jeune fille se battre contre ses semblables, elle qui avait l’air gentille. Mais après tout, il s’agissait d’un test, et il était important de tout faire pour ne pas prendre le risque de mettre en danger quelqu’un en l’emmenant sur terre, s’il n’avait pas la force de survivre.

Il y avait visiblement un monde fou qui se précipitait pour se joindre à la grande exploration. Cela ne le surprenait pas, il y avait déjà du monde aux portillons avant que l’idée d’aller sur terre ne devienne définitivement concrète. Ce qui ne donnait que plus de travail à la jeune fille. Heureusement pour elle, elle avait un moment d’apaisement pour aujourd’hui. Il comprenait mieux son travail, et il saisissait un peu mieux à quel point cette tâche était compliquée. Peut-être devrait-elle profiter du temps qu’il restait pour se reposer ? Le jeune homme n’osa pas le lui dire, même si l’idée le titillait, parce qu’il savait qu’elle n’avait tout simplement pas le temps pour le faire. Cette partie de la journée à parler avec lui était peut-être son moment de repos, d’une certaine façon.

Est-ce que cela était semblable à l’armée ? Il hocha la tête :

-C’est un peu ce que l’armée attend de ses soldats. Mais je dois dire que les critères sont plus stricts, en même temps, le statut de militaire est loin d’être le même que pour un explorateur. Ce que recherche avant tout l’armée, c’est la discipline, sinon, l’organisation en serait gâchée. Ensuite, a l’académie, on a tout le temps de tester les recrues et de savoir qui a les capacités ou la volonté de rester… Entre les exercices et les sanctions disciplinaires, il y a de quoi faire !

Combien de personnes de sa promotion avait quitté la formation avant de la terminer ? Il y en avait un certain nombre, un nombre assez conséquent par rapport à ceux qui restaient. Ce devait sûrement être de même pour Laran et ses recrutements. Alors qu’il réfléchissait, il émit une idée tout haut, à demi dans ses pensées :

-Il faudrait peut-être une formation adaptée à ceux qui souhaitent descendre, un peu comme pour l’armée…

C’était bien beau d’imaginer, mais le réaliser serait un travail tout autre. Il fallait trouver de quoi financer et organiser tout cela… Et forcément, la branche politique risquait bien de s’y mêler. C’était assez inquiétant de la savoir seule pour organiser cette immense entreprise. A moins qu’elle ne soit pas seule ?

-Et il n’y a personne pour t’aider dans les sélections ?

Peut-être se montrait-il trop curieux.


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