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Bienvenue sur Gear ;

« Il y a bien longtemps avant même que les gens n'habitent dans le ciel. Une guerre terrible éclata entre les hommes et une Déesse malfaisante.
Après des combats sanglants, nos ancêtres aidés de Dieu scellèrent le pouvoir de cette Calamité. Puis quittèrent la terre souillée et stérile pour construire leur avenir dans le Ciel. » www
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{ In wine there is wisdom, in beer there is Freedom, in water there is bacteria [Ft. Cassydie]
Thæ ;
Ven 13 Avr - 23:23

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J'espère que t'aimes
Ft. Cassydie
Thæ aimait Idye, peut-être autant que Falias. Elle y avait passé beaucoup de temps pour assurer la prospérité et le bon déroulement des affaires de Deyris – à savoir, le trafic de plantes et autres substances illicites. Elle n’aimait pas forcément mettre la main dans la boue et les affaires sales, mais elle le devait à sa dirigeante. Peut-être sa loyauté et son zèle était bien trop exacerbés chez elle, mais il lui semblait vivre pour une seule chose : Falias. Venue en tant que superviseuse d’un des derniers convois de marchandise, elle pouvait à présent prendre du temps pour se détendre, puisque le prochain bateau partirait le lendemain.

Elle arpentait à présent les rues de la capitale d’Idye. Elle appréciait le charme simple et franc de Bara, un village toujours enjoué et plein de surprises. Le soir était tombé, ou presque, et les rues était encore remplies de monde. A Falias, la nuit arrivait si vite, et avec elle, le froid, que les gens s’enfermaient très tôt chez eux, en général. Autant, cela ne la dérangeait pas de passer ses soirées au coin du feu, seule ou accompagnée, ou dans une taverne, mais l’ambiance était drastiquement différente là-bas que celle de Bara. A chaque coin de rue se trouvait un bar, et s’en échappaient des cris de joie et des rires tonitruants. Thæ avait le sourire aux lèvres, se considérant en vacances. Elle avait troqué sa tenue militaire pour un simple pantalon de toile crème et un léger débardeur blanc. La température d’Idye la satisfaisait complètement, parfait équilibre entre le froid infini de Falias et l’écrasante chaleur de Majoris. De toutes les régions dans lesquelles elle avait l’occasion de voyager, pour le compte de Deyris ou pour accompagner cette dernière, là où elle se sentait le plus à l’aise, que ce soit pour les affaires ou pour le plaisir, était Idye. Les gens vivaient simplement, sans se poser de question et sans chercher à créer de problèmes, ce qui facilitait grandement la tâche de la chevalière.

Décidant de passer une soirée tranquille, et suivant l’exemple des habitants de Bara, elle entra dans un bar, avec la ferme intention de se laisser aller. Changeant de masque, elle troqua celui de la froide diplomate pour celui d’une jeune femme des plus banale, à ceci près que tout sembler indiquer qu’elle était originaire de Falias : une peau diaphane et des cheveux d’ivoire, quand bien même elle n’avait été qu’adoptée par la glace.

La chevalière se laissa choir sur un siège du comptoir, à côté de deux gros bras, qui ne manquèrent pas de lui faire de la place lorsqu’elle leur lança un regard plus froid que le marbre du bar. Satisfaite, elle observa les gens autour d’elle, et patienta, le temps qu’un serveur vienne lui demander ce qu’elle désirait. Observant les plats dans la salle, elle sentit son estomac crier famine, et se dit qu’elle pouvait déjà commencer par régler ce problème. Elle commanda des plats de calamars et de poissons, et les savoura lentement. Être envoyée dans les autres régions de Caelum avait du bon, dans ce genre de moment.

A Falias, mis à part le poisson séché, ou alors le saumon et les harengs, à quelques rares période de l’année, il était impossible de savourer des plats d’une telle richesse. Les habitants de la région Ouest tournaient surtout à la soupe, la viande n’étant présente au repas qu’au moment de la chasse. Elle demanda à être servie de cidre, pour accompagner ses plats, et c’est bien après avoir fini ce dernier, évidé deux mains baladeuses, un accostage lourdingue, et bu trois – ou quatre – verres de plus, avec les yeux déjà pétillants, qu’elle avisa la présence familière d’une jeune femme, pas très loin d’elle. Thæ mis de l’ordre dans ses pensées, et essaya de retrouver le nom de la rouquine. Elle ne la connaissait peut-être même pas, et l’alcool lui brouillait peut-être les pensées, mais elle aurait juré avoir déjà rencontré une femme avec une telle descente – la chevalière fixait à présent les verres vides à côté de la rousse. Elle plissa les yeux : était-elle joueuse de luth ? Elle ne s’en souvenait plus, ou alors se trompait totalement de personne.

Peu importe, elle s’approcha de l’autre jeune femme, et tenta le tout pour le tout :

— Salut, commença-t-elle avec un sourire, ça fait longtemps, tu te souviens de moi ?

Au pire, elle pourrait toujours s’excuser en disant que l’alcool lui faisait faire n’importe quoi. Son verre à la main, elle ajouta :

— C’est pas terrible de boire seule, tu veux de la compagnie ?

Ravie de ne plus sentir, au moins pour cette soirée, le poids du devoir sur ses épaules, elle fixait son interlocutrice avec une moue amusée.





En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
ϟ Machiavel
Sam 14 Avr - 23:33

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S'il faut être seul un soir, autant l'être à Bara. Chacun y trouvait son compte, aussi bien les groupes de fêtards que les travailleurs solitaires. Je faisait parti de la seconde catégorie, du genre de personnes qui s'affalait sur un siège au bar du coin, puis buvait et buvait encore pour oublier la journée éreintante qui venait de se terminer. La semaine qui venait de passer n'avait rien d'inhabituel, elle avait même été tristement normale, et c'était bien cela le problème. Absolument aucun événement capable de sortir de l'ordinaire, aucune histoire à raconter, aucun détail mémorable. Il y avait toujours quelque chose : un client aux manières étranges, un instrument particulièrement difficile à accorder, une bêtise inédite du chat... Mais cette semaine : rien. C'était en partie pour cette raison que je me dirigeais vers le bar du coin de la rue, mon épée à la ceinture, comme à mon habitude lorsque j'allais boire un verre. Avec un peu de chance, je tomberais sur un potentiel adversaire et la soirée se finirait en duel d'épées sur les embarcadères. Oh oui, un bon petit combat, voilà qui me permettrait d'évacuer la frustration...

J'entrai dans un premier bar, fis le tour de la salle du regard et repérai rapidement une table de joueurs, dont les participants ricanaient en lançant une série de dés entre leurs verres. Je pris juste le temps de commander une bière avant de les rejoindre. Les manches se succédaient, mon argent s'envolaient dans les poches de mes adversaires et mon premier verre se retrouva rapidement vide. Celui-ci fut suivi d'un second, qui se vida tout aussi rapidement que le premier, peut-être même encore plus rapidement à cause de la frustration de perdre chacun de mes paris. Bon sang, même le destin ne voulait pas m'accorder une fin de semaine lucrative !

Je pris congé des autres joueurs et sortis du bar en pestant, non sans avoir oublié de les avoir accusé de tricherie. Le ton était quelque peu monté mais nous nous en étions tenu aux insultes (dommage, mon épée brûlait de sortir de son fourreau). Je changeai donc d'endroit, préférant un lieu plus calme pour passer le reste de la soirée avec le peu d'argent qu'il me restait. J'optai pour un bistrot à quelques rues de la boutique et m'installai à une table dans un coin de la pièce, quelque peu à l'écart : la seule personne avec qui j'accepterais encore de parler ce soir serait le barman, et uniquement pour lui demander de remplir mon verre. Il m'en apporta deux remplis, qui ne le restèrent pas bien longtemps. Boire pour oublier ma vie sans intérêt... Peut-être pas la solution la plus sage, mais elle me convenait parfaitement.

Après... (combien de temps d'ailleurs ? Je n'avais déjà plus la notion du temps qui s'écoulait !) ... un certain temps, une jeune femme aux cheveux de marbre s'avança vers ma table, et je levai mes yeux de mon verre pour les poser sur son visage.

- Salut,  ça fait longtemps, tu te souviens de moi ?

Oui, ça faisait longtemps... Du moins, je le supposais car sa tête ne me disait absolument rien. Quand elle proposa de s'installer à mes côtés, je lui souris franchement et l'invitai, d'un geste de la main, à prendre place en face de moi :

- Oui, viens, je t'en prie, même si je me rappelle absolument pas de toi.

Je pris le temps d'observer ses traits, plissant les yeux pour dissiper les effets de l'alcool qui se faisaient déjà ressentir. Elle me disait quand même quelque chose... Mais pour ma défense, je n'avais jamais été physionomiste. Je n'avais que des intuitions à son sujet, comme celle qui me chuchotait à l'oreille qu'elle venait Falias. Or, je ne me rendais que rarement dans les contrées de l'ouest, bien qu'il me soit arrivé de les parcourir quelques années auparavant. À moins que ce ne soit une cliente ? J'en doutais, je ne l'imaginais pas une guitare à la main. Je l'aurais plutôt vue en mercenaire, garde ou n'importe quelle autre profession dont la nécessité de posséder un instrument de musique était peu probable.

- Tu viens de... Falias, c'est ça ?

Un début de conversation pareil ne pouvait pas mener bien loin... Je ne laissai pas le temps de répondre à mon interlocutrice et proposai, sur un ton résolu :

- Tu sais quoi ? Rappelle-moi plutôt qui tu es, quand et - surtout - comment on s'est connues. C'est pas contre toi, mais j'ai pas vraiment de mémoire pour ce genre de chose. Surtout ce soir.

J'illustrai mes propos en levant mon verre pour le porter à mes lèvres pour avaler quelques gorgées de son contenu. Au moins, me remémorer mes aventures avec cette personne dont le nom ne me revenait toujours pas me permettrait de passer le temps. Bon, ça ne valait pas un duel d'escrime, mais ça ferait l'affaire !
Thæ ;
Lun 16 Avr - 17:41

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682
Beuverie
Ft. Cassydie
Voyant la jeune femme encline à partager sa table et sa soirée, le sourire de Thæ s’agrandit – seul l’alcool avait le pouvoir d'actionner les zygomatiques de cette dernière – et elle prit place en face de sa nouvelle compagne de boisson. Elle non plus, ne semblait pas se souvenir de la nouvelle venue. Les voilà bien, la chevalière n’ayant en vérité aucun moyen de se rappeler exactement de la manière dont elle avait pu rencontrer la rouquine. Elle en profita pour l’observer, et remarqua la présence d’une épée à ses côtés, ce qui lui parut digne d’intérêt. Elle-même était armée, sous ses légers vêtements, mais préférait ne pas dévoiler toutes ses cartes avant de devoir mettre une lame sous la gorge d’un adversaire un peu trop collant.

Les deux jeunes femmes se fixèrent mutuellement, cherchant à mettre un nom sur un visage pourtant familier. Il était vrai que Thæ ne venait pas souvent à Idye, mais elle était cependant persuadée d’avoir déjà croisé celui qui lui faisait face.  Des traits fins, la peau hâlée par le temps clément de l’île – l’opposé de la chevalière, à la peau aussi blanche que la neige – elle aurait dû s’en souvenir, sûrement.

Ce fut lorsque la rousse ouvrit la bouche, pour préciser qu’elle ne se souvenait pas non plus d’elle, que le déclic se fit, du moins, en partie. Elle hocha vigoureusement la tête, avant d’alpaguer le barman pour prendre de la bière, cette fois.

— Oui, je suis de Falias, commença Thæ avant de marquer une pause, sirotant par la même occasion la boisson fraîche que le serveur venait de déposer sur la table. Je comprends, j’étais à peine sûre qu’on se soit déjà croisées, je t’avoue.

Réfléchissant un instant, la chevalière posa brutalement son verre sur la table, et lâcha un soupir satisfait – la bière n’avait rien à voir avec le brûle-gosier de sa région.

— Si je ne me trompe pas, tu es venu y’a longtemps à Falias. Je suppose que c’est normal qu’on se soit croisée, je suis chevalière, et je me déplace souvent dans Sedna et même à l’extérieur, j’assure les connexions entre le haut de Falias et son peuple, en général.

Thæ plissa les yeux, fixant de son regard glacé, mais empreint de curiosité, la rouquine devant elle, avant d’ajouter :

— On n’aurait pas déjà bu un coup ensemble, d’ailleurs ? demanda-t-elle.

Une grande sensation de déjà-vu envahissait la jeune femme, et elle ne pouvait qu’en faire part à sa compagne de table. Croisant les jambes, et avec un sourire franc, elle tendit la main vers cette dernière :

— Peut-être de nouveau, alors : je suis Thæ Helvall, chevalière de Falias, ravie de te rencontrer.

Elle appréciait la compagnie lors des soirées arrosées, et si la jeune femme se révélait être une partenaire de boisson.

— Tu es venue en voyage chez nous il y a quelques temps déjà, je crois. C’était sympa, ça a égayé Sedna de t’entendre jouer de la musique, tu es troubadour ou quelque chose comme ça, non ? Enfin, tu te déplaçais pas mal à ce moment-là, il me semble.

Avalant une nouvelle gorgée d’alcool, Thæ laissa le temps à la jeune femme de répondre, puis, son regard amusé se porta sur l’arme de cette dernière.

— C’est une simple mesure de précaution ou un passe-temps dangereux, ta lame ? C’est plutôt rare de voir quelqu’un se promener avec ça ici.

A Falias, entre les bêtes sauvages et les bandits – quoique la différence soit bien mince –, les gens se devaient d’être prudents. Mais Idye était, aux yeux de la chevalière, un véritable havre de paix. Certes, elle-même était armée, car il ne faisait jamais bon d’être seule la nuit, surtout ivre, mais le commun des habitantes de Caelum préférait être prudentes ou accompagnées, plutôt que d’afficher une arme à leur taille. D’autant plus que tous les hommes et les femmes ne savaient pas manier de lame, et encore moins sous l’effet de la boisson.

Dans tous les cas, c'était là un point commun qui promettait d’être intéressant pour la suite de leur soirée.




En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
ϟ Machiavel
Ven 20 Avr - 17:02

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Il était aisé de reconnaître un visage lorsque l'on connaissait le contexte dans lequel on l'avait rencontré auparavant. Or, dans ce cas précis, je n'avais absolument aucun indice sur l'identité de la jeune femme qui me faisait face. J'avais connu des tas de personnes lors de mes haltes à Falias, et chacun des mes arrêts dans la région remontaient à plusieurs années. Rajoutez à cela le fait que je ne sois pas physionomiste pour un sous et vous obtiendrez une situation aussi ridicule que celle-ci, ou les interlocutrices ignoraient d'où venait cet air de déjà vu qui les habitait. Heureusement pour moi, la femme aux cheveux blanc semblait avoir quelques bribes de souvenirs quant à notre rencontre, ou au moins quelques pistes. Elle affirmait être une chevalière de Sedna, remarque qui me fit plisser les yeux dans un nouvel effort pour me souvenir d'elle sur base de cette nouvelle information. J'aurais dû me souvenir de quelqu'un occupant cette fonction, moi qui était tant fascinée par ceux qui défendaient le royaume. Fut un temps où j'aurais donné n'importe quoi pour avoir la chance de rencontrer un de ces chevaliers, peut-être devenir son apprenti pour, un jour, embrasser le métier des armes à mon tour. Qu'elle était loin la petite fille qui rêvait de chevalerie...

Au fil de la conversation, il me semblait me rappeler de certains détails de mon voyage à Sedna, me remémorer de manière très vague ma rencontre avec la jeune femme quelques années plus tôt. Je devais avoir dix huit ans à l'époque, ou guère plus. Je venais de quitter la boutique familiale, m'étais lancée sur les routes sans trop savoir où mes pas me mèneraient. Il se trouva qu'ils me guidèrent à Falias, où je jouais du luth pour récolter quelques pièces en attendant de trouver un véritable travail. Dans mon désespoir, j'avais même chanté dans quelques tavernes, moi qui détestais pourtant ce qui touchait à ce domaine. Ma mère m'avait toujours répété que j'avais une voix atypique, une "voix de trottoir" comme elle disait, un peu rauque et grave mais qui, lorsqu'on la travaillait assez, pouvait donner une nouvelle vie à certaines chansons.

- C'est vrai que je bougeais pas mal à ce moment-la, je cherchais du travail. J'ai fini par en trouver, même si je ne l'ai pas gardé longtemps. Contente de te revoir, Thae Helvall, chevalière de Falias. Moi c'est Cassydie Borden, luthière à l'Archet du Nord, à quelques rues d'ici.

Je ponctuai ma phrase d'un sourire sincère avant de reprendre une gorgée de cidre pendant que Thae poursuivait. Apparemment, l'épée à ma ceinture n'était pas passée inaperçue. Nouveau sourire en éloignant le verre de mes lèvres.

- Un peu des deux. J'ai déjà eu de mauvaises surprise étant plus jeune, donc je préfère toujours avoir de quoi me défendre... C'est aussi un bon moyen de se défouler, surtout après une dur journée de travail.

Je laissai la phrase ne suspens quelques instant, toisant la chevalière avec une lueur de défi dans le regard.

- D'ailleurs, si un combat te tente...

Une nouvelle pensée vint interrompre ma phrase. Je me redressai brusquement sur ma chaise et reposai avec un peu trop de précipitation mon verre, dont une partie du contenu se répandit sur la table. Je m'en moquais, je venais d'avoir une révélation.

- Je sais !

L'excitation m'avait fait crier ces deux mots, si bien que les discussions dans le bar s'arrêtèrent un instant pour laisser le temps aux clients de connaître l'origine de ces cris. Ils reprirent bien vite leurs conversations lorsqu'ils virent qu'il ne s'agissait que de moi, dont l'alcool commençait à me monter à la tête.

- Je me rappelle de notre rencontre ! Oui, on avait bu un verre ensemble ! Je m'étais plaint que la bière était pas terrible. Je pense même t'avoir déjà proposé de croiser le fer à l'époque.

Je commençais à me souvenir de la scène qui s'était jouée dans ce bar de Sedna quelques années auparavant. J'y avais joué du luth quelques soirées, bien que j'y passais le plus clair de mon temps à boire plutôt qu'à pousser la chansonnette.

- Je trainais pas mal dans ce bar, le... Au tonneau percé ? Un truc dans l'genre...

Je retenais plus facilement le nom des bars que le nom de mes interlocuteurs, malheureusement pour moi. Je fixais Thae, soudain bien moins sûre de ce que j'avançais : c'était bien elle que j'avais rencontré là-bas, n'est-ce pas ... ?
Thæ ;
Hier à 23:57

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Beuverie
Ft. Cassydie
Lorsqu’elle entendit le nom du commerce de la jeune femme en face d’elle, Thæ plissa les yeux et réfléchit. Effectivement, elle avait entendu parler de l’Archet du Nord, mais était presque certaine de ne jamais y avoir mis les pieds. Néanmoins, la rouquine lui avait confirmé qu’elle avait pu aisément passé par Falias et Sedna, au cours de ses voyages. Son nom ne sonnait cependant pas familier aux oreilles de la jeune femme aux cheveux d’albâtre. Son interlocutrice la gratifia d’un sourire franc, auquel l’alcool poussa Thæ à l’imiter, alors qu’elle était loin d’avoir l’habitude d’étirer ainsi ses zygomatiques. Elle se promit de faire un tour par l’échoppe de Cassydie, avant de repartir, ou lors d’un prochain voyage, en fonction du temps qu’elle aurait.

Sans trouver la question sur son épée indiscrète – rares sont les questions indiscrètes, vous me direz, avec quelques verres d’alcool –, la jeune femme y répondit naturellement, évoquant une double raison à la présence de son arme. De son côté, la chevalière hochait la tête en signe d’assentiment, tout à fait d’accord avec les propos de sa voisine de table, tout en portant son verre à ses lèvres. Les rues ne sont jamais sûres, peu importe les régions. Il y a toujours quelqu’un qui rode, ou un animal affamé, et ce même dans les quartiers les plus huppés.

Un soupçon d’amusement traverse le regard clair de Thæ lorsque Cassydie lui propose, sur le ton d’un défi, un duel, et un sourire s’étire sur ses lèvres. Non plus un sourire alcoolisé, mais un rictus de pure joie, tant la perspective d’un duel enflamme l’esprit de la chevalière.

Mais la rouquine se leva brusquement en abattant violemment son verre sur la table. Son contenu roula jusqu’au bord de la table, et le regard de Thæ allait du visage déterminé de sa compagne au liquide qui menaçait de s’abattre sur son vêtement blanc. Elle se déplaça sur son siège, sans perdre une miette du spectacle. Plus aucun son ne parvenait à ses oreilles. Ou bien elle était devenue sourde, ou bien tout le monde dans la pièce avait le regard braqué sur elles. La chevalière jeta un coup d’œil autour d’elle : ce devait être la seconde raison.

Mais constatant que ce n’était rien de digne de leurs ragots, ils retournèrent à leurs boissons et à leurs conversations. Cassydie semblait presque plongée dans une transe, à mesure que ses souvenirs affluait, lâchant des déferlantes de mots que Thæ tentait tant bien que mal d’assimiler, avec ses quelques neurones encore valides. Effectivement, les contours d’une scène se dessinaient petit à petit dans l’esprit de la cavalière – restait à savoir si son cerveau ne les inventait tout bonne ment pas.

— Tu as parfaitement raison ! s’exclama-t-elle à son tour, sur le même ton.

Regards réprobateurs de la salle, qu’elle ignora.

— Je dois reconnaître que tu avais raison de te plaindre ! admit la chevalière en riant de bon cœur. La bière n’y est pas fameuse, mais l’ambiance ne laisse pas à désirer, dès que les cœurs sont assez chauds. Je dois cependant avouer que rien ne vaut Bara dans ce domaine-là.

Avec un sourire, elle abattit son verre sur la table et se pencha vers sa voisine comme pour lui faire une confidence. En réalité, la chevalière parlait relativement fort, mais pas plus que sa compagne.

— Il me semble qu’à ce moment-là, je nous n’avions pas eu le plaisir de croiser le fer. L’ambiance se prête rarement aux duels éméchés, puisqu’il y fait tout le temps froid le soir. Mais ici, elle se redressa légèrement et désigna l’auberge d’un ample mouvement de bras, pourquoi se refuser ce plaisir ici, dans cette merveilleuse ville qu'est Bara ?

La mémoire lui revenait à son tour. Les gens de l’auberge les en avaient empêchées, faute de quoi elles seraient sorties dans le froid et la tempête ivres morte et n’auraient certainement pas vu le lever du soleil le lendemain.

Thæ haussa un sourcil provocateur, avant d’ajouter :

— Que dis-tu de remettre ça, Cassydie Borden ?

Elle sorti de ses bottes deux dagues, qu’elle fit dangereusement jouer entre ses doigts agiles, un sourire de défi collé aux lèvres.

La soirée promettait d’être animée.




En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
ϟ Machiavel
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