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Bienvenue sur Gear ;

« Il y a bien longtemps avant même que les gens n'habitent dans le ciel. Une guerre terrible éclata entre les hommes et une Déesse malfaisante.
Après des combats sanglants, nos ancêtres aidés de Dieu scellèrent le pouvoir de cette Calamité. Puis quittèrent la terre souillée et stérile pour construire leur avenir dans le Ciel. » www
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 :: Caelum :: Idye :: Lac d'Aegir :: Le Gold :: Pont principal

{ Vogue sur les flots || libre.
Claus ;
Maika
22/5/2018, 13:08

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vogue sur les flots || WITH Claus & Maïka

www La sensation était plutôt étrange, l'immensité du navire était telle qu'il était même difficile de dire que le duo se trouvait sur un bateau. Certes il ne se déplaçait toujours pas mais le rendu semblait comme sorti d'un autre monde, de l'ancien monde. Maïka ne pouvait s'empêcher de regarder autour d'elle tandis que Claus s'évertuait à se montrer perplexe. « J'ai toujours du mal à cerner le pourquoi de ce Gold. Écraser la supériorité de Majoris dans le domaine de la technologie ? » « Vois le bon côté des choses, il donne de l'emploi pour tout le monde »

Doux euphémisme ; les magasins et les différents lieux de restaurations pullulaient à tous les coins de rue du navire. La belle les désignait du bout des doigts puis détachait son bras de celui de son mortel, ce dernier se stoppant net trop plongé dans ses pensées. « Si tu le dis mais je ne peux m'empêcher de ne pas faire confiance à l'actuel dirigeant du Nord, c'est plus fort que moi. » Claus figeait ses mains en poches puis se faisait surprendre par l'absence de sa gardienne. Retour. « Tiens ça va te décontracter. » Elle lui tendait un cocktail ensuite.




Ethan ;
Jena
28/5/2018, 21:30

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Un verre de plus que le jeune homme terminait cul sec, il s'arrêta de marcher quelques secondes. Commençant à sentir les effets de l’alcool, il prit une grande inspiration et profita de la sensation de libération qui prenait place à l’intérieur de sa boîte crânienne. Comme si tous ses neurones se débridaient un à un. Contrairement à ce que pensait sa chouette, Ethan n’avait pas oublié sa mission sur ce navire, bien au contraire. Il avait d’ailleurs déjà commencé à emmagasiner des informations de petites conversations grâce à ses oreilles indiscrètes. La rumeur la plus intrigante était certainement la suivante : la présumée présence du cardinal du culte de Niantu sur le paquebot.

Depuis qu’il était basé à la capitale, Ethan avait consacré une grande partie de son temps à rattraper le manque de culture dû à sa jeunesse de campagnard. La politique des différentes villes, les relations entre chaque région, il avait tout étudié sans relâche. Ainsi, le culte de Niantu était évidemment quelque chose qui l’intriguait particulièrement, de par son métier de détective, et la part d’ombre englobant ce groupuscule religieux.

Mais l’heure n’était pas encore à cela, et il fallait se rendre à l’évidence ; il n’avait que peu de chances de rencontrer qui que soit d’important sans accéder à la zone VIP du navire. Le gouvernement n’avait pas pris la peine de lui fournir une invitation, ainsi il devrait trouver un moyen de s’en procurer une lui-même, pensait-il. Naturellement, il n’avait aucune idée du fait que sa gardienne était déjà en possession d’une dite invitation, alors il se débrouillerait à sa manière.

La gorge déjà sèche, Ethan s’approcha instinctivement d'un nouveau bar pour étancher sa soif quand son attention fut happée par une sublime créature. Une femme aux cheveux bleu azur, vêtue d’une robe noire absolument splendide. Mais il n’était pas intéressé par ses indéniables atouts physiques. Non, il l’avait déjà vu quelque part, il en avait la certitude. Il suivit alors discrètement la demoiselle jusqu’à ce qu’elle retrouve son compagnon ; un homme élancé aux cheveux noirs. Aucun doute, il s’agissait bien d’eux. Le jeune détective s’approcha alors du couple en train de partager un cocktail, réajusta son col, et se fit un plaisir de signaler sa présence avec une aisance incomparable.

- Permettez-moi de me joindre à vous.

Ethan retira son chapeau qu’il posa contre sa cage thoracique, juste devant le coeur, et amorça la réalisation d'une somptueuse courbette dont seul lui avait le secret. Il se présenta alors :

- Ethan del Piro, pour vous servir.

Un faux nom, évidemment, élaboré spécialement pour l’occasion. Le détective avait plus d’un tour dans son sac. Il se redressa et sortit un paquet de cigarettes de sa poche, proposant avec attention un bâton à cancer à chacun de ses deux interlocuteurs, et reprit son discours.

- Mille excuses si je vous importune, mais je n’ai pas pu m’empêcher de venir vous aborder dès que je vous ai reconnus. Vous êtes Ymiré Claus, l’ancien protecteur du nord, n’est-ce pas ? Et quant à vous, vous êtes sa sublime gardienne, Maika.

Il entreprit alors d’embrasser la main de la créature magique, en guise de bienséance. Difficile à dire si elle allait accepter un tel geste venant d’un inconnu, mais la courtoisie était de mise. Il s’alluma lui-même une clope, tira une grosse bouffée, et entama le début de son enquête improvisée.

- Je suis un journaliste de Majoris, envoyé sur ce navire pour couvrir les évènements. Il montra une pièce identificative, évidemment falsifiée, pour appuyer ses propos. M’accorderiez-vous quelques minutes de votre précieux temps pour répondre à mes questions ? Les rumeurs sont nombreuses sur ce navire enchanté, il devient difficile de démêler le vrai du faux. Je suis certain qu’un ancien membre important du gouvernement du nord possède quelques renseignements fiables. Évidemment, la question que tout le monde se pose ; qu’en est-il du fameux cardinal du culte de Niantu ? Va-t-il vraiment se montrer ce soir ?

Complètement dans son rôle, le jeune homme n’avait même pas laissé une fraction de seconde de vide dans son élocution, rendant la tâche difficile à ses interlocuteurs s'ils voulaient faire une objection. Peut-être obtiendrait-il des réponses, ou bien le mystère s’épaissirait-il encore d'avantage ?
Claus ;
Maika
29/5/2018, 16:04

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vogue sur les flots || WITH Claus & Maïka

Une gorgée puis une autre, le mage avalait sa boisson avec une aisance étonnante ce qui incita Maïka à déposer son attention sur ce dernier. Il n'était pas friand de l'alcool mais ce petit retour dans son passé et les travers de cette région semblait le toucher plus qu'elle ne l'aurait imaginée il faut l'avouer. A son tour elle déposait ses lèvres sur le bord du verre à pied, ne prenant qu'une infime gorgée de liquide. Autour d'eux la populace était de plus en plus imposante. Les visiteurs étaient venus en masse ce qui incita Claus à lâcher un soupir.

Puis une arrivée, étrange. Un homme s'approcha d'eux afin de s'inclure dans le duo, débutant une ritournelle sans réelle interruption. Des salutations, des constats puis une ribambelle de questions. Au fur et à mesure que les mots défilaient le mage se permettait de hausser sourcil droit, comme sur le point de lui lancer son cocktail à la figure s'il ne l'avait pas vidé avant. Maïka, elle, se voulait plus amusée pour le moment à tel point qu'elle empoigna son éventail pour l'ouvrir devant le bas de son visage, histoire de dissimuler son léger rictus.

Journaliste ou pas, il était bien informé. « Reprenez un peu d'air vous allez vous asphyxiez devant nous. » « Vous avez au moins l’œil de reconnaître les gens. Pour le reste les flatteries ne serviront pas à grand chose je le crains Cher Del Piro. » Claus déposait son verre vide sur une table vide de la terrasse puis reprenait la parole. « Mais vous savez, les protecteurs ne sont que les toutous des politiques alors un ancien porteur de ce rang ne sait pas grand chose, vous pouvez me croire. » Le mage passa une main dans sa chevelure ébène, fixant Ethan.

Avec son geste il retirait ainsi des mèches récalcitrantes obstruant sa vision et son attention sur le pseudo journaliste. Malgré cette tenue de soirée le mage n'avait pas réussi à se convaincre à se coiffer plus qu'à l'accoutumé et ce pour le plus grand malheur de Maïka. « Mais je vais quand même vous répondre une chose. Je ne sais pas si cette rumeur est fondée mais si ce dernier se présente sur ce navire, je me ris de cette religion. Venir applaudir les exubérances d'un homme mais refuser l'exploration ? Fort pathétique à constater. » La belle buvait alors.






Dernière édition par Claus le 31/5/2018, 12:59, édité 3 fois
Ethan ;
Jena
30/5/2018, 22:33

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- Alors comme ça, l’ancien protecteur du nord ressent de la rancoeur contre le gouvernement… Intéressant.

Ethan sortit un léger carnet de papier de sa poche et commença à griffonner quelques mots hasardeux sans aucun sens, prétextant une réelle prise d'informations. Il avait déjà accompli une partie de sa mission ; déterminer si le couple allait lui divulguer quelques secrets, et force est de constater qu’ils ne possèdent aucun renseignement pour le moment. Alors le jeune détective allait donc passer à la deuxième étape de son plan d'investigation. Le journaliste courtois disparaîtrait pour laisser place à l’invasif. Le but était simple, déterminer les intentions de ces personnes et leur potentielle utilité pour la suite des évènements. Il révèlerait éventuellement sa réelle identité par la suite, mais il est bon de rappeler qu’Ethan est lui-même au service du gouvernement. Il serait malencontreux de confesser ses objectifs aux mauvaises personnes.

- Je ne voudrais pas porter de jugement malencontreux, mais vous semblez vous-même vous rabaisser. Je savais que l’opinion publique dissidente pouvait être violente quand il s’agissait des protecteurs, mais de là à ce que vous soyez autant affecté, on en apprend tous les jours.

Continuant à prendre des notes factices, le jeune homme souleva légèrement son chapeau et révéla des yeux perçants à travers la fumée de sa cigarette. Il les plongea alternativement dans la direction de l’homme et de sa gardienne, analysant chacune de leurs réactions avec attention. Jusqu’à maintenant, Maika semblait s’amuser de son petit manège, tandis que Claus était déjà légèrement irrité. Comment allaient-ils réagir à la suite des évènements ?

- Vous vous riez peut-être personnellement de ce culte, mais force est de constater que son pouvoir n’est pas négligeable. Contrairement à ce que vous semblez avancer, la religion ne se résume pas qu’à une bande d’illuminés faisant des prières. Ses pratiquants ont une réelle influence, que cela vous plaise ou non. Qu’en serait-il s'ils tenaient une partie des rênes de ce monde ? L’exploration n’a vraiment aucun intérêt pour eux, leurs choix pourraient avoir des répercussions directes sur votre destinée alors que vous vous contentez de les ignorer et de faire profil bas. N’êtes vous pas au moins curieux de savoir ce que ce cardinal a vraiment en tête ?

Ethan n’avait aucune pudeur à être horriblement provocateur, même si cela allait peut-être à l’encontre de son personnage du petit journaliste. D’ailleurs, il ne put s’empêcher d’esquisser un discret sourire en coin sans dévoiler sa denture. Dès que l’alcool se répandait dans sa cervelle, Ethan avait la fâcheuse tendance à tout prendre à la légère, devenant joueur à la moindre occasion. Et voilà qu’il rencontrait ce couple exotique au passé tourmenté, autant dire qu’il s’amusait comme un petit fou et qu’il commençait à avoir du mal à le cacher.
Claus ;
Maika
1/6/2018, 12:38

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vogue sur les flots || WITH Claus & Maïka

L'ancien protecteur se crispait un peu à la manière de parler de Ethan, de ses tournures de phrases ainsi que sa façon de le piquer dans l'usage de certains propos. Les mains en poches, il finissait pas sortir une cigarette la plaçant entre ses lèvres pincées. Sans avoir à le demander Maïka avançait la paume de sa main, allumant ainsi d'une flamme bleutée le dit objet d'un claquement de doigts. Une grande prise puis il crachait sa fumée vers le carnet de son vis à vis. « De la rancoeur ? Vous allez un peu vite en besogne mon brave. »

La gardienne jouait l'aphasie pour le moment, son regard passant de l'un à l'autre sans pour autant laisser une expression caresser son visage. Elle était neutre, se contentant de soulager son faciès en remuant avec légèreté son éventail. « Je n'ai jamais dit que j'étais affecté par quoique ce soit. Ne faites pas de jugement hâtif comme la majorité des journalistes de cette île. L'analyse c'est bien mais l'écoute bien mieux. » Il avançait un peu de la rambarde afin de jeter de la cendre par dessus bord. « Et je ne faisais que constater, c'est un fait. »

Claus haussait les épaules. « Vous le dites vous-même, les protecteurs ne sont pas mieux perçus que les toutous des leaders, je le confirme. De même, Vatdir est connu pour ses excentricités, là aussi j'adhère à cet avis sans pour autant me morfondre sur ma pauvre âme qui au fond — profitez voici un aveux Del Piro ; ce fout éperdument de Hymir avec qui j'ai eu des altercations d'où mon départ. » Il montrait son carnet de la main. « Voilà, là vous pouvez noter. » Le ton utilisé n'était pas pour autant agressif mais il avait besoin de cette réponse.

Un petit rire se faisait entendre de la part de Maïka tandis qu'elle prenait la parole, brisant ainsi son mutisme. « Là aussi si je ne m'abuse vous allez bien trop vite dans votre réflexion. Quelques mots et voilà que vous pensez que notre duo se fout de ce que peut être la religion. Et ce n'est pas le cas qui plus est. » Elle fermait l'éventail d'un coup net alors que Claus la laissait faire, en confiance. « C'est un fait, ils tiennent des parts du pouvoir sur Caelum mais cela n'empêche pas de se dire qu'ils sont pathétiques, que leur présence ici serait... suprenante. »

Elle passait une main dans ses cheveux. « Ils ne cessent de se terrer dans les montagnes de Falias et voilà que son dirigeant viendrait briller au milieu de toutes ses mondanités ? Avouez que cela serait surprenant, retirez un peu votre casquette de journaliste une seconde et ouvrez les yeux. Même une gardienne peut le faire alors... » Un svelte sourire venait se propager sur ses lèvres légèrement rouges. « Je n'aurais pas dit mieux ma chère. Oh et, oui nous sommes curieux, en espérant pour eux, qu'ils ne mettent pas des bâtons dans les roues de l'exploration. »




Ethan ;
Jena
2/6/2018, 11:45

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Ethan était tout ouïe. Finalement, au milieu de cette petite joute verbale, il avait pu tirer son épingle du jeu et obtenir quelques confidences qui lui seraient peut-être utiles pour la suite de sa carrière. Des aveux personnels sur la face cachée de la réalité, les histoires qui ne sortent pas de la sphère privée des bureaux des hauts gradés. C’était le Graal pour un détective. Un journaliste n’aurait également jamais pu espérer mieux, ce fut peut-être un peu naïf de la part de Claus de révéler ce genre d’informations, mais il avait de la veine, Ethan n’était pas mal intentionné. Il prit cependant soin de noter, cette fois-ci véritablement, les détails que l’ancien protecteur venait de lui révéler sur sa relation avec Vatdir, le dirigeant du nord.

Malgré la légère dose d’animosité altérant la qualité de leurs discours, les deux compagnons avaient marqué un point. La probabilité que le cardinal se montre réellement était effectivement très faible, en tout cas, c’était la présomption la plus logique à faire. La conclusion de Claus fut saupoudrée d’une remarque agressive envers les religieux qui fit réagir Ethan une dernière fois.

- Des menaces, hein ? J’espère que vous serez prêts à assumer vos paroles le moment venu.

Le jeune détective ferma définitivement son carnet qu’il replaça dans la poche de son manteau et jeta son mégot de cigarette par-dessus bord, directement dans l’écume engendrée par la vélocité du bateau. Si sa gardienne avait vu ça, nul doute qu’elle l’aurait réprimandé sur son comportement pollueur, ce qui le fit ricaner intérieurement.

Il rabaissa son chapeau jusqu’à presque complètement couvrir ses yeux, renforçant son allure énigmatique découlant de son attitude saugrenue de pseudo journaliste, et s’empressa de terminer son altercation avec les deux individus avant que celle-ci ne dégénère.

- Mille mercis pour votre générosité, mais je suis certain que vous avez bien mieux à faire que de discuter avec moi. Au plaisir de vous revoir, Monsieur Ymiré, ma chère Maïka… La prochaine tournée est pour moi, pour m’excuser du désagrément.

Ethan déposa un billet sur la table, à côté du verre vide de Claus, et s’extirpa aussi discrètement et habilement qu’il était apparu. Derrière cet ultime geste se cachait naturellement un message dissimulé qui ne demandait qu’à être décrypté : un journaliste lambda n’aurait jamais partagé son argent de la sorte. Mais Ethan avait eu accès à quelques fonds du gouvernement pour cette mission et il n’allait pas se priver de les utiliser, surtout si cela lui permettait de construire une relation avec des personnes influentes de ce monde.

D’ailleurs, le casino était proche. Le jeune détective avait assez vagabondé, il était définitivement temps pour lui d’entrer dans l’arène souillée par le péché de la cupidité.



HRP:
 
Azalys ;
Dahlia
13/6/2018, 12:46

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Event The gold
That boy, take me away, into the night, out of the hum of the street lights and into a forest. I'll do whatever you say to me in the dark, scared I'll be torn apart by a wolf in mask, a familiar name on a birthday card
ft. Claus
Song - Don't speak.

Foule.
Morte foule, vivante foule, foule qui se plie et se fait origami, foule-foyer, foule-sécurité, foule-brasier. Des oisillons en papier dansent sous les toits et Azalys passe – ombre soyeuse d’étoffe et de sourires plissés. Au-dessus de lui, les voiles du Gold se tordent, s’esquissent dans la brise – chorégraphie d’air – au rythme lointain d’une harpe dont l’écho, propulsé par les hautes digues, accompagne les cahotis du pont principal. De petits bruissements d’écumes, heurtés contre le quai et mélangés à la cacophonie des dames. Des éventails cinabrés et des robes moirées que l’enfant esquive sans grand soucis de discrétion, les pieds chainés jusqu’à ses chevilles et les genoux hissés jusqu’aux étoiles.

Il court.
Jovialité sur son visage, vertige dans les gestes ; il court. Lambeau de néant filant, d’étoile irrésistible heurtant parfois hanches ou épaules, l’enfant est ombre ; trainée de costume noir tracée sur un corps albâtre, avec des cheveux si blonds que les fanions dorés du navire les transforment en or blanc. Il s’était coiffé pour une fois, avait dompté ses mèches avec un filet noir ; Il s’était vêtu d’un trois-pièce classieux, mal adapté à sa course mais aussi à son caractère bien plus informel. Caractère qui n’avait pas manqué de lui attirer des ennuis, dès lors que le jeune homme s’était départi de son rôle factice de valet pour vadrouiller sur le pont du navire, avant d’être poursuivi par le garde qui l’avait laissé entrer sur le Gold – une fois sa supercherie dévoilée, puisqu’il n’a rien à faire ici.

Il n’avait pas pu résister à la tentation, dira-t-il. De voir ce que l’humanité se prétend de construire de meilleur – tout du moins de plus luxueux – alors que les explorations vers la terre, chaque jour, fragilisent un peu plus la civilisation caelienne.

Il avait besoin de voir, murmurera-t-il encore ; d’observer de loin une vie si différente de cette existence de précarité, d’urgence et de détresse qu’il avait choisi par lui-même. De comprendre les sourires. De compter les visages insouciants, joviaux, joyeux – les lisser au bout des doigts, les goûter sur ses paupières –, si loin de ces traits déchirés et cisaillés par les plaines auxquels l’enfant s’était habitués. Si loin de l’armée, de ses missives pressantes. Urgentes. Dangereuses. Importantes. Décisive. Viscérale.

Peut-être y aurait-il eu une meilleure façon de s’introduire sur le navire que de faire croire que tu sers un de ces hauts dignitaires, machin-truc Maru ou bidule-chose Vatdir, spécialement lorsque l’on n’est pas capable de tenir un rôle plus de cinq minutes comme toi, Azalys.
… Par exemple en passant par la porte.
Ou en demandant gentiment.
Ou en souriant.
Ou même sans rien dire.

Au lieu de quoi, il s’était fait surprendre par un garde, et avait commencé à s’enfuir.


Oh, Azalys court, vole même ; franchit étoffes et conversations sans s’appesantir du vacarme qu’il laisse sur son passage, Dahlia résolument lovée sur son épaule. Tu pourrais m’aider au moins, que l’enfant lui murmure, alors que ses iris pers s’égarent à chercher un refuge, un sanctuaire – un prétexte pour semer son assaillant.  

Pas en demi-mouche, chevilles collées, qui dérapent ; il tourne.
Court encore. Avale les flots, puis le monde.
Regarde les visages surpris près du sien.
Et si…

Brusquement, l’enfant ralentit. Observe un instant les étoiles autour de lui, s’imprégnant des corps et des gestes, jusqu’à ce que ses prunelles se heurtent à une femme en robe onyx, chevilles évasées sur le sol en une longue trainée d’astres – une grande dame, manifestement, à en juger par ses soyeurs bleutées et la manière dont son éventail masque tantôt sa poitrine, tantôt les agapanthes sur ses poignets.

Un sourire. Qui étire les lèvres, fige la mâchoire.
Une idée, délicate – presque fragile. Se faire passer pour quelqu’un d’autre, encore une fois. Enfant enchifrené, soudainement si fragile qu’il paraît marcher comme une ballerine ; et brusquement Azalys se fait plus jeune encore, arrondit ses épaules et lisse son visage pour apparaître comme un enfant, genoux légèrement fléchis pour transformer ses 19 ans en une douzaine bien portée. Adolescent fragile. Chrysalide fermée, en apparence ; masque d’un jeune homme à protéger.

Lentement, Azalys s’approche de la femme.
Sent presque Dahlia lui murmurer c’est une mauvaise idée – c’est une mauvaise idée murmure-t-il à son tour, alors qu’il ralentit. S’immobilise.
Danse brisée.
Un nouveau masque. Une nouvelle valse, qu’il ne tiendra pas longtemps comme à chaque fois.
Alors l’enfant s’immobilise, s’avance, ouvre grand les lèvres et le cœur, puis questionne d’une voix claire – en parlant suffisamment fort pour que tous entendent.

— Mamaaan ? Cet homme là-haut, il a essayé de m’attraper et de me tirer dans la calle du bateau…

Gospel souverain, pierre précieuse échouée ; l’enfant détourne le regard, suffisamment proche de la femme pour lui paraître familier, mais pas assez pour briser la ligne tacite de l’intimité ; ses mains se croisent en une prière silencieuse, regard vert rencontrant les yeux bleutés de son inconnue salvatrice.

Joue le jeu, que l’enfant murmure discrètement. Sur son épaule, Dahlia se redresse lentement, ses petites ailes bleutées dans les estampes du crépuscule. Un coup de pinceau dans l’éther qui se serait sans doute nommé échappatoire, si l’enfant ne sentait pas si durement le regard de la jeune femme posé sur lui.

Peut-être n’avait-il pas choisi la bonne personne,
Mais il priait.
Rp 2 - codage par Alcyon ♥





Dernière édition par Azalys le 24/6/2018, 15:11, édité 1 fois
Claus ;
Maika
14/6/2018, 15:21

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vogue sur les flots || WITH Claus & Maïka

Claus avait eu besoin de se changer les idées suite au passage de ce journaliste. Il était venu en compagnie de ses mots aiguisés ce qui n'avait guère plu au mage. Une fois libéré de sa présence désagréable il avait ainsi tourné le dos vers le décor maritime qui se présentait à eux. Au loin certains individus l'avaient reconnu, l’alpaguant pour discuter, laissant la belle seule avec elle-même et le reste de son cocktail. Avec lenteur elle achevait ce dernier déposant le verre sur une table près d'elle. La société était en joie autour de sa personne, tous semblaient ravis.

Le constat la faisait sourire un peu, en coin. Dans son esprit ne cessait de défiler les images de ce qu'elle avait vu sur terre, le danger qui grandissait sous cet île céleste et pourtant pas invincible. Puis une sensation soudaine, l'impression d'une pulsation sous ses pieds tandis que le navire quittait le port. Le mouvement des vagues était agréable, l'ampleur du navire donnant la sensation de se trouver sur une île en mouvement. La belle jouait la féminité, passant une main dans sa chevelure saphir elle se rendait vers la rambarde, admirant le lac reflétant les étoiles.

Les yeux se fermaient ; au rythme des vagues venant gifler la devanture du navire la gardienne se laissait aller. Maïka avait besoin de ce moment pour se retrouver seule avec elle-même, et pourtant... Une voix criarde se faisait entendre à son encontre, un mot prononcé semblable à une main griffue autour de son cœur. Le regard hautain teinté d'une certaine forme de surprise malgré tout. « Pardon ? » Une analyse soudaine, ce qui semblait être un enfant seul, un garde haletant à sa poursuite. « Qu'as-tu bien pu faire garnement. » Propos susurrés mais brûlants.

Le gamin voulait sans aucun doute se sortir d'une situation houleuse ce qui sauta tout de suite à la gardienne. Elle allait en profiter pour s'occuper. La sorcière. « Mon cher ne courez pas ainsi vous allez finir au sol. Qu'a bien pu faire mon amour. » Des pupilles charmeuses tels deux cristaux. Sa main sulfureuse venait pincer la joue de l'enfant bien que la pression au bout de ses doigts fins se voulait agressive. « Hm mon bébé qu'as-tu à dire pour ta défense ? » Le garde s'apprêta à répondre mais fût coupé. « Non ne vous embêtez pas m... » Stupeur. Nappe d'obscurité.




Azalys ;
Dahlia
Hier à 15:10

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Event The gold
That boy, take me away, into the night, out of the hum of the street lights and into a forest. I'll do whatever you say to me in the dark, scared I'll be torn apart by a wolf in mask, a familiar name on a birthday card
ft. Claus
Song - Don't speak.


VALSE.
Danse des apparences, valse des humanités.
Le garde s’était arrêté à quelques pas, Azalys avait ajouté son visage et son sourire à la robe cachemire de la jeune femme, s’était accordé à la partition, absous à la mélodie ; mains perdues dans la nuité, regard incertain ; un instant si différent de lui-même qu’il en oublie la présence de Dahlia, silencieuse déesse accrochée à ses épaules.

Ils sont deux. Ils sont multiples.
Valet, mage, gosse de riche, gardien des âmes, voleur d’un soir, luciole et néant, adulte et enfant. Si indépendants ; si dépendant, à cet instant, de cette jeune femme dos au monde, figée dans un sourire monochrome. Lèvres carbones. Regard caucasien. Qui l’observe sans aucune bienveillance aucune, Azalys comprend soudain. Déjà l’enfant esquisse un pas en arrière, comme un fils effrayé par la colère de sa mère, et ses iris solaires se perdent sur les infimes respirations du navire pour chercher une autre cachette, un autre refuge.
Uniquement au cas où, bien sûr.
Le bateau bat lentement sous ses pieds, et la jeune femme se saisit de lui, répondant à son rôle après quelques secondes de surprise. Déjà ses phalanges glissent le long de sa joue, effleurent la chair pulpeuse et pâlie.

— Qu'as-tu bien pu faire, garnement ? Mon cher, ne courez pas ainsi, vous allez finir au sol. Qu'a bien pu faire mon amour ? (Une légère pause, pendant laquelle ses doigts serrent sa joue. Le contact froisse Azalys sans qu’il ne se dégage). Hm, mon bébé, qu'as-tu à dire pour ta défense ?

La divine est enchanteresse, fée des aiguilles élancées vers le haut, minuit ou minuit-moins une au compteur même s’il doit bien être trois ou quatre heures de moins ; et l’enfant se fait abscons, petite chose entre ses longs doigts d’araignée, long visage tordu dans un corps trop grand, un mètre soixante fléchis pour rentrer dans un carcan d’enfant. Des origamis pliés le long des cils, soigneusement plissés, comme des espoirs défilés un à un. Des songes qui se transforment en doute lorsque la mère se fait sorcière, saisissant l’une de ses joues comme s’il était sien ; heureusement qu’Azalys n’avait jamais possédé un naturel farouche, sinon sa peau se serait bien mal accommodée d’un geste si peu consenti.

Alors il patiente.
Forme en écho un portrait fidèle de lui-même, les iris chainés à son regard d’agapanthe, à ses mots amarantes. Figurant. Polichinelle d’un divertissement entre deux âmes dont il ne connaît pas même le nom.
Pas si passif qu’on pourrait le croire cependant ; il joue un rôle qu’on lui croirait instinctif, n’attend qu’une occasion pour s’enfuir loin de cette femme aux reins onyx ou du garde, puis profiter avec Dahlia des agréments du navire.

Les voiles colorées s’agitent sous ses paupières, firmaments se courbant au-dessus des baules, et l’enfant sent le navire se mouvoir sous ses pieds, comme s’il était vivant ; un instant déséquilibré, sa main s’accroche au coude de sa mère d’un soir, s’y loge avec un naturel incertain…

Puis l’OBSCURITÉ.
Stupeur. Temps en suspension, de multiples respirations dos au monde qui se déplient unes à unes. Amaurose subite transformée en murmures, puis en doléances apeurées. L’enfant entend le garde crier quelques ordres, reste calme alors que la main se retire de sa joue, inspire sans hâte. Sang-froid soudain et instinctif, semblable à celui qui l’avait saisi quelques années plus tôt, lorsque des flèches avaient déchiré le ciel et écorché sa chair. Lentement Azalys se redresse, déplie nerfs et visage pour retrouver sa stature, se carre avec aisance ; déjà ses mains effleurent les boucles de sa sacoche, tombent dans le cuir pour se glisser sur la surface boisée d’un briquet, alors que sa voix – étonnamment claire entre les murmures – clame une question unique.

— Dahlia ?
— Oui, j’y vois un peu. Les gens affluent de la coque, je crois que tout le monde veut se réfugier sur le pont… Ils craignent tous le noir c'est fou !

La petite hippogriffe avait trouvé place sur la courroie de son épaule, agitait ses deux ailes lactées sous la lune, posait tour à tour son regard acéré sur l’enfant et sur la jeune femme, visage cristallin légèrement éclairé par les flammèches du briquet ; jumelle salvatrice, entre le calme d’Azalys et cette raideur qui lui rendait son âge réel. Ce soir l’enfant ne prendra ni le temps d’admirer les étoiles, ni de laisser son regard filer jusqu’au ciel pour espérer en dévoiler les épaules. Marqué par la précarité, par l’urgence, de cette sensation si particulière de l’armée, il agit. Avec un sang-froid presque déictique. Ses lèvres, écloses en demi-teintes, découvrent alors une nouvelle question :

— Tu peux nous guider ?
— Je crois. Ça court vraiment dans tous les sens…
— Fais au mieux. (L’enfant se tourne vers la jeune femme. La flamme, entre ses mains, éclaire deux iris si pâles qu’ils en paraissent ternes.) Vous êtes venue accompagnée ? Ma gardienne devrait pouvoir nous guider dans la cohue, s’il est nécessaire.

Lune et glaive. L’enfant s’adapte lentement à l’astre crépusculaire, froisse ses iris deux fois pour capturer les lumières en son sein, commence à discerner des formes dans le noir pâle.
Respire doucement en évitant une femme qui se jette sur le pont.
Un. Deux. Trois.
Quiétude.

Rp 2 - codage par Alcyon ♥



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